Durant l'unique nuit du 7 août, une douzaine d'appels d'urgence auraient été transférés d'Ottawa vers le service ambulancier de Prescott et Russell.

Service paramédic d'Ottawa: «des problèmes systémiques et continus»

Le Service paramédic d'Ottawa souffrirait de «problèmes systémiques et continus» dans sa gestion des appels d'urgence. C'est ce que révèle un rapport d'enquête du ministère de la Santé et des Soins de longue durée (MSSLD) de l'Ontario déposé la semaine dernière.
L'enquête avait été commandée, il y a peu plus de deux mois, à la suite d'une plainte déposée par le directeur des Services d'urgence des Comtés unis de Prescott et Russell (CUPR), Michel Chrétien, concernant les pratiques de la capitale en ce qui a trait à son service de répartition. 
«Le rapport vient un peu confirmer ce à quoi on s'attendait. Il y a des lacunes (...) qui font en sorte que nous devons appuyer leur service sur une base régulière», a affirmé M.Chrétien.
Une vérification des appels a notamment été effectuée durant le quart de nuit du 6 au 7 août dernier, où 13 appels d'Ottawa ont été transférés au service ambulancier de Prescott et Russell. L'enquête présente plusieurs occasions où le service de répartition d'Ottawa n'a pas utilisé les ressources ambulancières les plus proches.
Dans un des cas recensés, une ambulance des CUPR est intervenue chez un patient qui ne présentait pas de signes vitaux. À ce moment, cette ambulance se trouvait à environ 17 minutes de l'endroit, alors qu'un véhicule du Service paramédic d'Ottawa se trouvait à environ cinq minutes. Le patient est décédé.
La politique du service de répartition Ottawa précise que les ambulanciers ne sont pas sollicités lorsqu'il reste moins de 30 minutes à leur quart de travail, afin de réduire les heures supplémentaires.
À d'autres occasions, des ambulanciers paramédicaux d'Ottawa n'auraient pas respecté le délai de 30 minutes de retour en mode «prêt à intervenir» (return to readiness). Il s'agit du temps accordé aux ambulanciers, à la suite d'un transfert de patient, pour se préparer pour une prochaine intervention. Dans le pire cas, la préparation d'une ambulance s'est étirée jusqu'à 42 minutes.
Résultats contestés 
Dans un communiqué, la Ville d'Ottawa affirme avoir l'intention de contester la validité des conclusions du rapport.
«Je suis persuadé que le personnel arrivera à démontrer au MSSLD plusieurs des principales inexactitudes contenues dans ce rapport», mentionne Anthony DiMonte, directeur général intérimaire des Services de protection et d'urgence d'Ottawa. 
Pour le directeur des Services d'urgence des CUPR, toutefois, l'heure est plutôt au dialogue. «On peut argumenter le document tant qu'on veut, cela n'enlèvera pas le fait que le problème existe. Nous, on est prêt à travailler avec la Ville d'Ottawa et le MSSLD pour trouver des solutions», souligne M.Chrétien.