Le chef du Service de police d'Ottawa, Peter Sloly.

Service de police d'Ottawa: le chef admet l'existence du profilage racial dans ses rangs

Le chef de la police d’Ottawa admet que le profilage racial peut exister dans ses rangs.

Peter Sloly a fait ce constat mercredi, jour du dépôt d’un bilan indépendant sur l’équité, à la diversité et à l’inclusion.

Plus précisément, le Service de police d’Ottawa (SPO) a présenté la plus récente phase de son Projet de collecte de données fondées sur la race aux contrôles routiers et de la Vérification de la diversité.

Le SPO veut faire la lumière sur certaines allégations et plaintes de citoyens reprochant aux agents de se fier trop souvent à la couleur de la peau ou aux apparences lors de contrôles routiers.

« Les partis pris, le profilage racial, et autres formes de discrimination existent dans la société, et cela veut dire qu’elles peuvent exister dans le milieu policier, a dit le chef Sloly. Ces documents prouvent, à mes yeux, que plusieurs efforts substantiels ont été entrepris pour répondre aux préoccupations de la collectivité et des membres. »

La direction du SPO a qualifié certaines conclusions de ce rapport de « difficiles », mais a rajouté qu’elles demeuraient importantes pour améliorer les relations entre les policiers sur le terrain et le citoyen ordinaire.

Surreprésentation

Selon le même rapport, les statistiques sur la surreprésentation des communautés culturelles dans les affaires policières s’étaient légèrement amenuisées ces derniers mois.

Toutefois, ces mêmes données « font (toujours) état de taux disproportionnés d’interpellation chez les hommes noirs et moyen-orientaux », selon ce même rapport indépendant.

De 2017 à 2018, les hommes moyen-orientaux ont été interpellés 3,18 fois de plus que la moyenne lors de ces contrôles routiers. Les hommes noirs ont aussi été impliqués plus souvent qu’à leur tour, avec une moyenne de 2,3 fois de plus que la moyenne pour l’ensemble des automobilistes d’Ottawa.

Le SPO dit poursuivre ses efforts pour recruter des employés provenant de tous les milieux et de toutes les communautés culturelles de la capitale fédérale.

Le directeur du SPO avoue qu’il reste beaucoup de travail à faire dans les postes de direction, alors l’équité culturelle n’est toujours pas atteinte dans la gestion des ressources humaines, et les possibilités d’avancement professionnel semblent plus limitées.

« L’une des raisons pour lesquelles je suis venu au Service de police d’Ottawa, c’est que j’ai reconnu le SPO comme un meneur du domaine policier en matière d’équité, de diversité et d’inclusion, dit le chef Sloly. Ce ne sont pas là des enjeux faciles à affronter, qu’importe notre profession, et je sais bien que les agents de première ligne sont les premiers à recevoir les commentaires et les critiques de la collectivité. »

Le SPO s’est engagé à  mettre sur pied un plan d’action « Équité, diversité et inclusion » pour mieux s’attaquer aux partis pris et « améliorer l’expérience ressentie et vécue de la collectivité ».

Ce plan doit voir le jour d’ici janvier prochain.

Par ailleurs, le SPO accueillera les délégations de citoyens souhaitant se prononcer sur la question le 25 novembre, lors de la Commission de services policiers.

Le 4 décembre, les représentants de la Ville participeront à un Forum d’apprentissage sur les droits de la personne. L’événement est aussi ouvert au grand public.