Mathieu Fleury

Sacs de plastique: «C’est certain qu’il faudra agir», dit Fleury

Sans pour autant emboîter le pas à Montréal à court terme en procédant au bannissement des sacs de plastique sur son territoire, la Ville d’Ottawa se doit de réfléchir sérieusement à une stratégie en la matière dans le futur, croit le conseiller municipal Mathieu Fleury.

Le grand défi, dit-il, sera toutefois de ne pas créer davantage de barrières pour les citoyens.

«L’enjeu, c’est d’essayer de ne pas complexifier la vie des gens et d’avoir des alternatives peu coûteuses. [...] Mais c’est certain qu’il faudra agir, on doit prendre note de ce qui se fait ailleurs. Montréal n’est qu’un exemple parmi tant d’autres des juridictions qui ont adopté des mesures. On ne peut dire qu’il y a des changements climatiques et ne pas poser des gestes en conséquence. En tant qu’élu, on a une responsabilité collective», lance M. Fleury. 

Depuis le 1er janvier dans la métropole québécoise, il est proscrit pour les commerçants d’offrir aux consommateurs des sacs de plastique léger. 

Une période de grâce de cinq mois est cependant accordée aux détaillants. Les sacs visés par la réglementation sont les sacs d’emplettes de plastique conventionnel d’une épaisseur inférieure à 50 microns ainsi que les sacs d’emplettes oxodégradables, oxofragmentables et biodégradables, quelle que soit leur épaisseur. 

Le conseiller de Rideau-Vanier compte observer comment la situation se déroulera à Montréal dans les prochains mois. 

«Je suis curieux de voir comment on va intégrer ce règlement et le faire appliquer. Va-t-il y avoir une police des sacs?», s’interroge-t-il. 

Mathieu Fleury rappelle que l’industrie du plastique est énorme et bien organisée.

«Elle a souvent affirmé qu’il n’y avait pas d’alternatives, mais c’est tout le contraire. On l’a bien vu avec les bouteilles d’eau, avec la quantité de gens qui optent désormais pour des bouteilles réutilisables. C’est un petit geste, mais quand nous sommes des millions à le faire, ça fait une différence. [...] Le travail passe beaucoup par l’éducation. Il y a par exemple encore un faible pourcentage de gens qui ne recyclent pas ou ne font pas de compost. On n’a pas encore eu ce débat, mais il faudra inclure dans les discussions toute l’industrie de la restauration, par exemple avec la quantité de contenants en styromousse utilisée», poursuit-il. 

À l’heure actuelle, la Ville d’Ottawa n’a aucune intention d’interdire les sacs de plastique, affirme la directrice des services de déchets solides, Marilyn Journeaux.

«Les résidents sont encouragés à retourner les sacs en plastique (propres) aux détaillants depuis plusieurs années dans le cadre du programme Rapportez-les!», dit-elle.

La liste des détaillants participants au programme qui permet à de nombreux produits ménagers d’être réutilisés, recyclés ou éliminés de manière appropriée est disponible sur le site web de la Ville. 

Le président du Comité de l’environnement et de la protection climatique, David Chernushenko, n’a pas répondu à la demande d’entrevue du Droit.