Rick Chiarelli de retour à l'hôtel de ville d'Ottawa

À la surprise générale, le conseiller du quartier Collège, Rick Chiarelli, est revenu à la table du conseil municipal mercredi matin.

«Il avait indiqué qu’il serait absent et puis les rumeurs entourant sa présence ont commencé à circuler hier, raconte le maire d’Ottawa, Jim Watson. Comme vous avez pu le voir, nous étions tous surpris et personne ne voulait être vu avec lui, moi inclus.»

M. Chiarelli s’est présenté pour la réunion de mercredi matin, ce qui lui permet d’éviter la destitution. La loi provinciale prévoit qu’un élu municipal ne peut s’absenter de ses fonctions pendant plus de trois mois. Il pourrait ainsi s’absenter à nouveau jusqu’au début du mois de février.

À la fin de la rencontre, Rick Chiarelli s’est discrètement dirigé vers une porte au fond de la salle pour éviter l’entrée principale où plusieurs journalistes l’attendaient.

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Congé prolongé refusé pour le conseiller Chiarelli

Rick Chiarelli dans de beaux draps

M. Watson a indiqué que la situation est frustrante pour les citoyens du quartier Collège «qui ont besoin d’être représenté au conseil municipal», mais aussi pour les autres élus puisque M. Chiarelli n’a offert aucune mise à jour sur sa situation. Impossible de savoir si les conseillers Scott Moffatt et Allan Hubley doivent continuer de se partager la tâche de Rick Chiarelli.

«On ne sait pas s’il a recommencé à travailler ou s’il voulait simplement recommencer le compte à rebours avant qu’il perde son poste», s’indigne le maire d’Ottawa.

Chiarelli, peu bavard

Comme il a quitté l’hôtel de ville d’Ottawa en évitant les journalistes, les seuls propos du conseiller de Collège au sujet de son retour au travail se trouvent dans un communiqué distribué par un employé de son bureau après son entrée dans la salle du conseil.

M. Chiarelli maintient qu’il n’a jamais fait de commentaires déplacés à l’endroit d’employées. Il soutient qu’il ne peut parler davantage de cet enjeu pour respecter l’anonymat du processus en cours devant le commissaire à l’intégrité de la Ville d’Ottawa.

Rappelons qu’à la dernière séance du conseil municipal, les élus d’Ottawa ont refusé d’octroyer un congé médical prolongé à leur collègue, estimant qu’il n’avait pas fourni d’information justifiant la nécessité de s’absenter.

Une note signée par un médecin nous apprenait que Rick Chiarelli aurait été victime d’une syncope le 12 octobre dernier, soit après sa demande initiale de congé prolongé.

Dans sa déclaration écrite, M. Chiarelli soutient qu’il ne répondra à aucune question au sujet de son état de santé. Il ajoute cependant que sans congé de maladie prolongé, il devra prendre le temps nécessaire pour se soigner, dans le but de reprendre ses fonctions à temps plein.

Au total, 13 femmes se sont confiées à CBC Ottawa pour dénoncer divers comportements répréhensibles de la part de l’élu, notamment des commentaires déplacés au sujet de la tenue d’employées de son bureau et de femmes qui ont obtenu des entrevues pour un emploi à ce même bureau. Certaines de ses femmes ont offert des témoignages à visage découvert.

Manifestation silencieuse

Un groupe de manifestants s’est présenté à l’extérieur de la salle du conseil municipal à l’hôtel de ville, moins d’une heure après l’arrivée de Rick Chiarelli. Il s’agit d’employés des bureaux de différents élus municipaux. Au moins deux travaillent au bureau du conseiller de Kitchissippi, Jeff Leiper, a confirmé ce dernier au Droit.

Questionnés sur leurs motivations, les manifestants ont répété à plusieurs reprises qu’ils n’ont «aucun commentaire» à fournir au-delà de ce qui est écrit sur leurs affiches.

Les deux pancartes préparées par les manifestants énonçaient «I believe survivors» (Je crois les survivantes) et «We deserve a safe work environment» (Nous méritons un milieu de travail sécuritaire).