Le conseiller du quartier Rideau-Vanier, Mathieu Fleury
Le conseiller du quartier Rideau-Vanier, Mathieu Fleury

Résiliation du contrat de RTM à Ottawa: les conseillers en attente de réponses

Le maire d’Ottawa, Jim Watson, a surpris en début de semaine dernière en annonçant qu’il rencontrait des avocats afin d’étudier les avenues qui permettraient de résilier le contrat de 30 ans de RTM. Le tout, en prévision de la réunion du Comité des finances et du développement économique de lundi.

M. Watson a ajouté que « toutes les options sont sur la table » pour faire fonctionner l’O-Train. Le conseiller du quartier Capitale, Shawn Menard, demande depuis janvier à obtenir une estimation des coûts qui seraient engendrés par une résiliation de cette entente à long terme.

Ce dernier a exprimé sa déception de ne toujours pas avoir reçu cette information de la part de l’administration municipale la semaine dernière [NDLR: une réunion extraordinaire du conseil municipal a été convoquée lundi pour entendre, à huis clos, les options à la disposition des élus pour mettre fin au contrat de RTM]. Il était en compagnie de sept autres conseillers mardi dernier pour réagir à l’information contenue dans les documents relatifs au processus d’approvisionnement de la phase 2 de la Ligne Trillium rendus publics la veille.


« L’environnement actuel avec RTM, ça ne fonctionne pas. »
Mathieu Fleury

« À titre de conseiller qui a trois stations dans son quartier, nous avons eu des ascenseurs brisés ou malpropres, une station Rideau malodorante, a lancé le conseiller de Rideau-Vanier, Mathieu Fleury, dans le cadre de cette conférence de presse, mardi. L’environnement actuel avec RTM, ça ne fonctionne pas. Il n’y a que neuf trains sur rail, mais pendant ce temps il y a des enjeux secondaires tout aussi importants qui ne sont pas considérés ou corrigés. »

200 à 300 millions $ en jeu ?

« Dans les ententes typiques, les créanciers ou partenaires publics ont des manières de faire débarquer certains sous-traitants qui ne performeraient pas », soutient le directeur du Centre de recherche sur les projets en contexte public (CERPRO), Pierre-André Hudon.

S’il est possible de résilier l’entente avec RTM, le spécialiste des contrats publics estime que ça ne se fera pas sans que les avocats du consortium ne s’en mêlent.

Dans les 30 prochaines années, RTM doit théoriquement recevoir plus d’un milliard de dollars en versements mensuels pour l’entretien de la Ligne de la Confédération. M. Hudon estime les profits durant cette période entre 200 et 300 millions $, lorsqu’il étudie le plan d’affaires d’autres entreprises qui ont décroché des contrats similaires.

« Mettez une marge de profits entre 20 et 30 % et je pense que vous ne serez pas loin de la réalité », lance Pierre-André Hudon.

« On parle de 200 à 300 millions $. Moi aussi je me battrais pour ça ! », ajoute ce dernier au sujet d’éventuelles poursuites qui suivraient une résiliation du contrat.