Résidence étudiante: feu vert malgré une forte opposition

Le comité d'urbanisme de la Ville d'Ottawa a accepté un changement de zonage, mardi, pour permettre la construction d'une résidence de 180 unités pour étudiants de l'Université d'Ottawa dans la Côte-de-Sable, malgré la forte opposition du conseiller municipal du quartier Mathieu Fleury et de plusieurs résidents.
Les opposants au projet de neuf étages, situé à l'angle de l'avenue Laurier Est et de la rue Friel, ont notamment dénoncé le choix des urbanistes municipaux d'outrepasser les règles de zonage en place dans le quartier et s'inquiètent de l'impact d'un tel immeuble dans l'un des lieux les plus historiques de la municipalité. La présence d'étudiants, parfois exubérants, inquiète particulièrement la résidente Anna-Marie Melanson.
«Je m'oppose parce que je crois que ce projet aura un impact néfaste sur le tissu social de notre communauté. Il ne fera pas que changer la culture du quartier, mais il créera un ghetto, remplis d'étudiants bruyants [...] Au fil des ans, j'ai constaté la dégradation du quartier et la destruction des propriétés en raison des comportements répréhensibles d'étudiants.»
À cet effet, le président du comité d'urbanisme, Peter Hume, a rappelé que la Ville ne pouvait pas empêcher un zonage selon le type de résidents.
Le conseiller du quartier Cumberland, Stephen Blais, visiblement irrité par la nature et la longueur du débat en a rajouté.
«Certains des arguments apportés aujourd'hui et dans le passé sont tout simplement épouvantables. Cette référence à l'âgisme est une insulte à la diversité dans notre municipalité. Si nous sommes contre ce projet parce qu'il y aura des étudiants qui y vivront, nous opposerons-nous dans l'avenir contre un projet pour personnes âgées, car nous ne voulons pas entendre des ambulances? Ou nous opposerons-nous, car les odeurs d'une cuisine ethnique quelconque nous déplaisent? On ne peut pas zoner contre une personne.»
Fleury devant le comité
De son côté, le conseiller de Rideau-Vanier, Mathieu Fleury, s'est présenté devant ses homologues pour faire valoir son point de vue et celui de ses résidents dans la Côte-de-Sable, puisqu'il ne siège pas au comité d'urbanisme. La présence d'étudiants est bienvenue, dit-il, mais pas aux dépens de la diversité. Cela dit, c'est plutôt l'ampleur de l'édifice et le non-respect du Plan secondaire de la Côte-de-Sable, qui régit des règles de zonage, qui le chicote particulièrement. «Ce qui me préoccupe beaucoup c'est qu'un bâtiment du genre peut être aménagé n'importe où dans la Côte-de-Sable. Évidemment, je suis déçu que nos experts ne pensent pas comme moi.»
Mince consolation, M. Fleury mènera la charge pour mettre à jour le Plan secondaire, créé en 1976. Une dépense de 200000$.
L'échevin conserve aussi peu d'espoir que la décision du comité d'urbanisme soit infirmée par le conseil municipal le mois prochain.
«Toutefois, il y a déjà des résidents qui m'ont dit qu'ils voulaient porter la cause devant la Commission des affaires municipales de l'Ontario», a-t-il dévoilé.