Seulement 17 % des sièges au conseil municipal d'Ottawa sont occupés par des femmes.

Représentativité féminine au conseil municipal: Ottawa loin derrière d’autres villes

Parmi les grandes villes ontariennes et québécoises, la Ville d’Ottawa fait piètre figure en matière de représentativité féminine au sein de son conseil municipal. Une situation qui risque peu de changer considérablement à la suite des élections de lundi, les femmes ne comptant que pour 20% des candidatures.

Seules quatre femmes siègent actuellement à la table du conseil, soit une proportion de 17%. Une statistique qui est bien loin d’atteindre la zone paritaire hommes-femmes, soit entre 40 et 60%.  

Parmi les huit villes les plus populeuses à la fois en Ontario et au Québec, la capitale fédérale est au dernier échelon en matière de représentativité féminine. À l’autre bout du spectre, on retrouve des villes telles que Montréal (51%) et Mississauga (50%). La Ville de Gatineau, de son côté, se trouve au sixième rang (37%), ex aequo avec Québec. 

Sur les 114 candidats en lice pour la mairie et les 23 postes de conseillers pour le scrutin du 22 octobre à Ottawa, 23 sont des femmes.

S’il est difficile de mettre le doigt sur une cause pour expliquer la très faible proportion d’élues spécifiquement à l’hôtel de ville de la capitale nationale, la professeure agrégée à l’école d’études politiques de l’Université d’Ottawa, Anne Mévellec, soutient qu’il y a des éléments de réponse à plus grande échelle. 

«Une récente étude a permis de conclure que pour les 100 plus grandes villes canadiennes, de 2006 à 2017, 16% des candidats à la mairie étaient des femmes. À la base, c’est un problème de candidature et non pas de succès électoral. Les femmes sont beaucoup moins nombreuses et enclines à se lancer dans la course. Qui sollicite les gens pour entrer en politique? Ce sont souvent les élus en place, qui sont essentiellement des hommes et qui ont eux-mêmes des réseaux majoritairement masculins, de façon naturelle. Les hommes ont souvent une expérience dans le monde politique, syndicaliste ou sportif, par exemple, alors que les femmes oeuvrent davantage dans le réseau communautaire», note-t-elle. 

La spécialiste indique aussi que les femmes ont tendance à se tourner vers des postes où elles auront des modèles, alors que traditionnellement, les élus municipaux sont des hommes. 

«Il y a le facteur de la prime au sortant aussi. C’est très compliqué de déloger des candidats sortants, qui sont essentiellement des hommes. Ça donne peu de place pour renouveler le corps politique», ajoute Mme Mévellec. 

L’étude démontre que dans la plupart des cas, c’est une mairesse qui était déjà en selle lorsqu’une femme se porte candidate. 

À savoir pourquoi la proportion de femmes est plus élevée dans les villes québécoises, la professeure pense que les partis politiques municipaux y sont pour beaucoup. Il y a aussi beaucoup d’initiatives pour favoriser leur candidature dans la Belle Province. 

«Ça passerait moins bien s’ils avaient l’odieux de présenter une liste avec seulement des candidats masculins. Et avec un parti, on fait un peu de la politique de façon collective, alors ça rassure les femmes en quelque sorte, car elles ont souvent une certaine réticence face à la notion des compétences», conclut-elle. 

+

PROPORTION DE FEMMES ÉLUES DANS LES CONSEILS MUNICIPAUX DES GRANDES VILLES

Ontario

Mississauga: 50%

Vaughan: 50%

Markham: 33%

Toronto: 31%

Brampton: 27%

London: 27%

Hamilton: 25%

Ottawa: 17%

Québec

Montréal: 51%

Lévis: 50%

Sherbrooke: 40%

Gatineau: 37%

Québec: 37%

Laval: 36%

Longueuil: 22%

Saguenay: 19%