En juin dernier, les membres du collectif SOS Vanier étaient bien visibles dans la salle du conseil municipal.

Refuge de l’Armée du Salut: les audiences-marathon commencent lundi

Avec 15 jours d’audiences et 14 témoins interrogés et contre-interrogés par trois avocats, c’est un véritable marathon qui va commencer lundi prochain à l’hôtel de ville d’Ottawa alors que l’appel dans le dossier du refuge de l’Armée du Salut à Vanier.

«On est très excités, ça fait longtemps qu’on attend cela», s’exclame au bout du fil le porte-parole de SOS Vanier et propriétaire du Finnegan’s Pub, Drew Dobson.

L’avocat de SOS Vanier, Michael Polowin, présentera cinq témoins durant les trois semaines d’audiences, tout comme l’avocat de l’Armée du Salut. La Ville d’Ottawa appellera quant à elle quatre personnes à la barre des témoins.

«Je ne dirais pas que c’est hors du commun, mais ce sera de longues audiences, affirme Me Polowin. Je suis encore en train de me préparer, mais je me sens bien. Nous sommes confiants que notre cause est juste.»

Des gens du collectif SOS Vanier sont présent pendant le conseil municipal a Ottawa pour signifier leur désaccord avec les projet d'expansion de l'armée du salut dans leur secteur.

Il n’y aura pas de grande surprise au courant de ces procédures de la part de la partie plaignante, soutient le juriste. La majorité des arguments qui seront présentés au Tribunal d’appel de l’aménagement local ont déjà été étayés devant le Comité de l’urbanisme de la Ville d’Ottawa il y a plus de deux ans.

SOS Vanier fera valoir en cour que le Plan officiel d’urbanisme de la Ville d’Ottawa prévoit qu’il n’y ait pas de refuges sur les artères principales. Michael Polowin entend également rappeler une décision du conseil municipal de 2008 de planifier en fonction d’une réduction du nombre de refuges dans le quartier Rideau-Vanier.

«On disait qu’il ne devrait pas y avoir plus de quatre refuges dans Rideau-Vanier. Il y en a entre 10 et 15 actuellement. Le quartier #12 porte un poids démesuré sur ses épaules, si on compare avec le reste de la ville. Si l’Armée du Salut doit déménager, elle doit le faire dans un autre quartier», argue Me Polowin.

L’avocat de SOS Vanier tentera également de convaincre le tribunal que l’arrivée de ce refuge aura un impact social important à Vanier, notamment qu’une telle concentration d’itinérants attirera des indésirables qui souhaitent profiter de leurs malheurs.

Michael Polowin soutient également que cet impact sera ressenti par deux groupes minoritaires qui sont surreprésentés à Vanier : les autochtones et les francophones.

«Vanier étant le cœur de la communauté francophone d’Ottawa, ça pourrait causer une migration de cette population. Ça contrevient à la loi qui prévoit que lorsqu’il est question des droits des groupes francophones minoritaires, leurs besoins doivent être pris en considération au moment de prendre une décision», explique Me Polowin.