Le conseiller d’Orléans, Matthew Luloff
Le conseiller d’Orléans, Matthew Luloff

Redécoupage électoral: perte d'influence du vote francophone dans l'est d'Ottawa?

Les scénarios proposés pour le redécoupage des quartiers électoraux de la Ville d’Ottawa sont loin de faire l’unanimité à la table du conseil municipal. L’exercice pourrait même réduire l’influence du vote francophone, selon le conseiller d’Orléans, Matthew Luloff.

Ce dernier a décrié mardi une perte potentielle pour la communauté francophone dans l’est de l’Ottawa dans les scénarios actuellement sur la table pour le redécoupage de la carte électorale municipale.

«La proposition d’envoyer la zone rurale de Cumberland dans le quartier Osgoode affaiblirait significativement une communauté d’intérêts historique», a affirmé M. Luloff devant le Comité des finances et du développement économique mardi.

«Il y a très peu de quartiers à Ottawa où on peut légitimement aspirer à élire un conseiller bilingue ou francophone. En faisant ceci, on réduit le nombre d’opportunités où ces voix peuvent se faire entendre. Je veux m’assurer que ce fait soit entendu aujourd’hui», a poursuivi le conseiller d’Orléans.

Le Comité étudiait mardi le rapport sur la première phase de consultations préparé par des consultants embauchés par la Ville.

Au terme de leurs analyses, ces firmes ont accouché de cinq scénarios qui permettraient d’atteindre les objectifs établis par le conseil municipal au moment de lancer ce processus d’examen des limites de quartiers électoraux.


« Il y a très peu de quartiers à Ottawa où on peut légitimement aspirer à élire un conseiller bilingue ou francophone. En faisant ceci, on réduit le nombre d’opportunités où ces voix peuvent se faire entendre. »
Matthew Luloff

Pour éviter une défaite au Tribunal d’appel de l’aménagement local — si une plainte devait être formulée —, la priorité pour ces consultants était de s’assurer à ce que la voix de chaque citoyen ait un poids relativement similaire d’un quartier à l’autre. Dans la mesure du possible, ils devaient aussi respecter les frontières naturelles et historiques entre chaque quartier.

C’est à ce sujet que le conseiller de Kanata-Sud, Allan Hubley, a de son côté exprimé son mécontentement. Dans plusieurs scénarios sur la table, la frontière entre son quartier et celui de Stittsville soit devenue la promenade Terry Fox puisque plusieurs établissements historiquement situés à Kanata — dont un centre communautaire — changeraient de district électoral.

Le conseiller de Kitchissippi, Jeff Leiper, déplore quant à lui que le secteur de Hintonburg se retrouve séparé entre deux quartiers électoraux. «Je ne peux soutenir une option qui propose ceci», a soutenu l’élu.

Le conseiller de Stittsville, Glenn Gower, a quant à lui invité ses collègues à laisser les firmes externes travailler et espère éviter une trop grande influence politique sur ce processus.

«Je ne pense pas que les gens définissent leur communauté en fonction de leur quartier électoral, a lancé M. Gower. Peut-être qu’on accorde une importance démesurée à notre perspective à titre d’élus ici.»