Le train léger a officiellement embarqué ses premiers passagers le 14 septembre dernier, à Ottawa.

Prévoir la frénésie autour du train léger

L’arrivée du train léger a un impact direct sur les déplacements dans la ville d’Ottawa. L’infrastructure de transport en commun influencera aussi le développement, si on se fie aux tendances des dernières années et aux prévisions municipales.

Un autre exemple de l’impact du train sur le marché immobilier se trouve à l’agenda du Comité de l’urbanisme d’Ottawa jeudi. Un projet résidentiel de 21 étages à l’intersection de la rue Scott et du chemin Clifton, dans le quartier Westboro, sera à l’étude.

Malgré son opposition, le conseiller de Kitchissippi et membre du Comité de l’urbanisme, Jeff Leiper, s’attend à ce que le projet soit approuvé jeudi. Il s’agit du second vote sur cette proposition.

« La notification appropriée n’avait pas été envoyée aux citoyens la dernière fois, alors ils ont dû le refaire », explique M. Leiper.

Pour tenter de convaincre ses collègues de changer leur fusil d’épaule, Jeff Leiper dit qu’il insistera sur le nombre élevé d’espaces de stationnement inclus dans le projet (161) et l’absence de logement communautaire.

« Nous nous dirigeons dans la mauvaise direction en permettant la construction de bâtiments de cette densité avec autant de stationnements, alors qu’on souhaite encourager les gens à utiliser notre système de transport en commun. Le fait que ces édifices soient autorisés sans logement abordable est une énorme opportunité ratée pour les gens le plus besoin du train léger et du transport en commun », affirme le conseiller de Kitchissippi.

Selon le maire, Jim Watson, la Ville ne peut forcer un promoteur à inclure du logement abordable dans les nouveaux bâtiments situés à proximité des stations du train léger sans que le gouvernement de l’Ontario approuve un zonage d’inclusion pour des logements abordables pour ces terrains.

Prévoir la frénésie

« On a adopté un modèle de développement axé sur le transport en commun pour aider les personnes à construire des appartements et des maisons près des stations de train léger », souligne M. Watson.

Le hic, croit Jeff Leiper, c’est que les plans secondaires de zonage ne reflètent pas cette volonté de la municipalité dans plusieurs quartiers de la ville, ce qui comprend Westboro.

« Voyant ce qui a déjà été approuvé sur cette rue, une vingtaine d’étages, c’est désormais la norme. Se battre contre la hauteur, ça ne serait pas un combat productif, explique M. Leiper. Je sais que ça va se densifier dans ce coin-là, mais il n’y a aucun plan pour créer un consensus sur ce qui guidera les développeurs pour l’avenir. Chaque projet est évalué sur une base individuelle. »

L’élu du quartier Kitchissippi croit qu’il faut offrir plus de certitude aux citoyens et, surtout, établir quelles sont les lignes à ne pas franchir.

« Est-ce que 15 étages, c’est acceptable ? 12 ? 30 ? La planification n’est pas à jour et ne tient pas encore compte du fait que ces bâtiments vont être assez hauts. »