Le maire d'Ottawa, Jim Watson

Poursuite judiciaire contre Jim Watson

Le maire d’Ottawa, Jim Watson, fait face à une poursuite judiciaire pour avoir bloqué trois personnes sur Twitter.

Trois activistes ont intenté une poursuite contre le premier magistrat. Ils estiment que leurs droits et libertés ont été brimés.

Les trois plaignants, Émilie Taman, James Hutt et Dylan Penner, dénoncent la décision du maire de les bloquer de son compte Twitter. 

Ils ne peuvent plus commenter les messages sur la page de M. Watson ni voir les publications de ce dernier.

« C’est vraiment basé sur la liberté d’expression. Quand on est bloqué, on perd la capacité de voir ce que le maire tweet et on n’a plus la chance d’offrir nos commentaires. Ce n’est pas une personne privée. C’est quelqu’un qui communique avec le public et le public répond avec ses analyses. C’est un peu comme un débat sur une scène publique. Le maire choisit de bloquer des gens qui disent des choses qu’il n’aime pas », déplore Mme Taman.

De son côté, M. Watson se défend en affirmant qu’il s’agit d’un compte personnel.

« Ce compte Twitter est mon compte personnel. J’ai le droit de ne pas me faire attaquer et harceler par les mêmes individus sur une base régulière. Je crois que la civilité est importante dans le débat public, et ce genre de comportement ne serait pas toléré dans un débat en personne. Je traiterai de cette cause le moment venu », a-t-il affirmé dans une déclaration écrite.

Mme Taman est d’avis qu’il ne s’agit pas d’un compte public compte tenu de la nature des messages écrits par le maire.

« Il faut juste suivre son compte pour se rendre compte qu’il ne tweet jamais au sujet de choses personnelles même si c’est techniquement vrai que c’est son Twitter privé, observe-t-elle. Tous ses tweets sont basés sur des affaires concernant son rôle de maire, le matin il donne son horaire et il tweet au sujet de ses réunions toute la journée. »

Il pourrait s’agit d’une première au pays qui aurait un impact si le tribunal est en accord avec les plaignants. Les trois activistes demandent à la Cour de déclarer que l’agissement du maire, de bloquer des électeurs, est anticonstitutionnel.

La poursuite a été déposée à la Cour supérieure de l’Ontario et doit être entendue le 31 janvier prochain.

Rappelons que Jim Watson est présentement en campagne électorale et qu’il sollicite un troisième mandat consécutif.