La Ville d’Ottawa cherche à mieux répondre aux besoins des gens qui souffrent d’itinérance.

Portrait de l’itinérance à Ottawa

La Ville d’Ottawa a dénombré 1400 itinérants sur son territoire en l’espace de 24 heures en avril dernier. L’opération a permis à la municipalité de dresser un portrait plus clair de la population en situation d’itinérance aux quatre coins de la ville.

Les 1400 personnes en situation d’itinérance ont répondu à un questionnaire portant entre autres sur leur santé, leur situation, leur âge et leur origine.

« Ça nous a donné le portrait de la situation à ce moment. C’est représentatif de cette période au mois d’avril, explique Rachel Ladouceur, agente de projets et de programmes stratégiques à la Ville d’Ottawa. Ça nous a aidés à enrichir les connaissances qu’on avait déjà sur la population itinérante à Ottawa. On veut adapter nos services et renforcer nos liens avec les services communautaires comme les services d’hébergement ou de toxicomanie. On veut collaborer avec les partenaires dans la communauté pour répondre aux besoins des gens qui souffrent d’itinérance. »

Parmi les données dévoilées lundi, on apprend que la moyenne d’âge des sans-abri est vieillissante. En tout, 822 répondants se situent dans la tranche des 25 à 49 ans et 323 sont âgés de 50 à 64 ans. L’itinérant le plus âgé rencontré le 19 avril avait 81 ans.

« Ce n’est pas une surprise. On avait des inquiétudes que la population itinérante était en train de vieillir. On sait que 26 % a au-delà de 50 ans. C’est un défi parce que ces personnes ont des besoins spécifiques dus à leur âge », soutient Mme Ladouceur.

Les problèmes de dépendances, l’incapacité à payer le loyer, l’incarcération et des logements non sécuritaires figurent parmi les raisons les plus récurrentes expliquant la perte d’un toit où vivre.

Sur les 1400 personnes sondées en avril dernier, 67 % vivaient dans des refuges et 16 % se trouvaient dans des logements de transition. Environ 5 % habitaient dans la rue. Ces derniers ont recours à des services comme des haltes-accueil, des centres de ressources et de santé communautaire et des services de soutien pour les toxicomanes.

De plus, les répondants ont affirmé vivre près de 2,7 épisodes d’itinérance par année. La durée moyenne d’une période d’itinérance est de 206 jours.

« Ces données servent de mesure de base pour voir s’il y aura un progrès dans quelques années. On sait qu’il y a beaucoup de travail à faire », précise Mme Ladouceur.

Le dénombrement s’est déroulé le 19 avril dernier, dans des endroits connus pour être fréquentés par des sans-abri. En tout, 27 zones ont été identifiées principalement dans le centre-ville. De ce nombre, 18 étaient considérées à forte ou moyenne densité. Plus de 200 sondeurs ont passé en entrevues les sans-abri et 59 partenaires communautaires ont collaboré à l’opération.

C’est la première fois que la ville procède à ce type de cueillette de données. Toutes les municipalités de l’Ontario doivent effectuer un dénombrement à l’échelle locale selon les dernières modifications de la loi provinciale. L’opération doit être répétée tous les deux ans.