Les 35 nouveaux employés des foyers de soins de longue durée d’Ottawa pourraient être embauchés d’ici la fin 2018.

Plus d’employés pour de meilleurs soins

Afin de pallier à l’épuisement du personnel dans les foyers de soins de longue durée et pour assurer de meilleurs services aux résidents, la Ville d’Ottawa procédera à l’embauche de 35 nouveaux employés à temps plein dans les quatre centres qu’elle gère.

La municipalité a demandé à un examinateur indépendant d’identifier des mesures qui doivent être mises en place pour prévenir des incidents et prévenir les abus. La municipalité a procédé à l’examen de son réseau de centres de soins de longue durée à la suite du congédiement de trois préposés aux bénéficiaires impliqués dans un cas de violence verbale.

Après six mois d’enquête, le rapport a été présenté lundi devant les membres du Comité des services communautaires et de protection.

Les 35 nouveaux employés pourraient être embauchés d’ici la fin de l’année 2018, si le conseil municipal approuve la recommandation qui prévoit un budget de 800 000$ pour procéder aux embauches.

« Il n’y a pas assez d’employés pour faire toutes les choses dont les résidents ont besoin. »

Greg Fougère, enquêteur

Le nombre insuffisant de membres du personnel de soins infirmiers et de préposés aux services de soutien à la personne représente un risque, note l’enquêteur Greg Fougère. Il constate qu’en moyenne les résidents ont droit à 18 minutes de moins par jour de soins comparativement à la moyenne provinciale de 2016.

« Le changement sera énorme, concède M. Fougère. Les résidents ont besoin de plus de soins. [...] Il n’y a pas assez d’employés pour faire toutes les choses dont les résidents ont besoin. »

La conseillère Diane Deans et le maire Jim Watson ont travaillé à l’élaboration d’une motion visant à embaucher plus de personnel dans les quatre foyers gérés par la Ville.

« Nous travaillerons ensemble pour assurer une meilleure prestation de services à nos aînés en résidences. Diane Deans et moi déposerons une motion offrant une solution immédiate à certains des besoins les plus pressants », a tweeté le maire Watson.

84 mesures

Pour procéder à son enquête, M. Fougère a conduit 240 entrevues auprès du personnel, des résidents et des familles de ces derniers. Un plan de travail comportant 84 mesures a été élaboré. À ce jour, 18 ont été appliquées et 43 sont en voie de l’être. Les autres n’ont pas encore été appliquées.

Les mesures portent, entre autres, sur le personnel, l’amélioration des politiques et des programmes, la communication, l’amélioration des soins aux résidents et la prestation des services.

Les quatre centres gérés par la municipalités regroupent 717 résidents et comptent plus de mille employés.

UN INCIDENT ÉVITABLE

Un cas présumé d’abus sexuel entre deux résidents, dans un centre de santé de soins de longue durée, aurait pu être évité selon le bureau du vérificateur général de la Ville d’Ottawa.

Malgré que le résident avait été identifié comme étant à risque de comportement sexuel fautif, ce dernier n’a pas été confiné dans une autre unité de la résidence. Il est demeuré dans une unité mixte, où la supervision était minimale.

«Si des mesures plus sévères avaient été prises plus tôt, cet incident aurait pu être évité», précise le vérificateur général Ken Hughes.

L’incident s’est produit en 2017 dans l’un des foyers administrés par la Ville. Selon les faits allégués, le résident fautif aurait emmené une résidente dans sa chambre. Un préposé est entré dans la chambre et y a trouvé l’homme complètement nu. Ce dernier tentait d’enfourcher la femme, qui elle, était toujours vêtue et assise dans son fauteuil roulant. 

L’enquête du bureau du VG déplore que l’incident n’ait pas été immédiatement rapporté. Le lendemain, «après des contestations d’autres membres du personnel», souligne M. Hughes, une plainte a été déposée au service de police et au ministère de la Santé et des Soins de longue durée de l’Ontario.

Dans son rapport, présenté lundi matin, M. Hughes s’est penché sur les pratiques de gestion qu’il qualifie de douteuses. Il a relevé un manque d’uniformité dans la façon dont devraient être gérés de tels incidents. «Rien ne nous assure que dans l’avenir un incident semblable sera géré de façon appropriée pour protéger les résidents», a-t-il conclu. 

Dix recommandations ont été présentées à la Ville à la lumière de l’enquête afin de mieux outiller le personnel lors de situations de gestion de crise.

« LES MÉDICAMENTS NE SONT PAS BIEN PROTÉGÉS CONTRE LE VOL »

La gestion des médicaments dans les centres de soins de longue durée appartenant à la Ville d’Ottawa n’est pas adéquate. C’est ce qui ressort d’une enquête menée par le bureau du vérificateur général de la Ville qui a été présentée devant le Comité de vérification, lundi matin.

«Les médicaments ne sont pas bien protégés contre le vol et l’utilisation inappropriée», a déclaré le vérificateur général, Ken Hughes, au terme de la présentation de son rapport.

Ce dernier a mené une enquête sur la mise en place des procédures dans deux des quatre foyers gérés par la Ville au cours des années 2016 et 2017. L’objectif était de déterminer si les pratiques, les procédures et les moyens de contrôle sont adéquats dans les différentes institutions.

«Il y a des médicaments très dangereux dans ces foyers, concède le conseiller Jean Cloutier. On doit s’assurer que la sécurité est en place.»

Le rapport fait état de lacunes quant au contrôle des médicaments dans les foyers. «Il n’est donc pas possible de savoir si les médicaments ont été pris pour être administrés à un résident, peut-on lire dans le rapport. En outre, aucun inventaire ni rapprochement n’est effectué pour relever des écarts entre les quantités se trouvant dans la réserve et celles figurant sur les bons de commande et les documents de préparation.»

Les enquêteurs ont aussi noté qu’il n’y a pas de caméra dans les salles d’entreposage des médicaments. La surveillance vidéo permettrait de renforcer la sécurité et de réduire le risque de détournement de médicaments a noté le VG.

La Ville doit considérer cette mesure, a indiqué la directrice générale des services communautaires et sociaux, Janice Burelle. Le Comité des finances et du développement économique doit examiner une recommandation qui prévoit un budget d’un million $ pour moderniser la technologie dans les foyers de soins de longue durée, lors de la réunion prévue mardi.

En tout, 17 recommendations ont été présentées à la Ville par l’équipe du vérificateur général.