La «période de grâce» pour les conducteurs québécois tire à sa fin aux intersections munies de radar photo à Ottawa.

Plus de répit pour les Québécois

Il n’est plus bien loin le jour où les automobilistes québécois pourront recevoir un constat d’infraction par la poste s’ils grillent un feu rouge à l’une des intersections dotées d’un appareil radar photo à Ottawa.

Le Droit a appris qu’à la suite de pourparlers avec la Société d’assurance automobile du Québec (SAAQ), la Ville d’Ottawa a récemment entamé les démarches requises auprès du Conseil canadien des administrateurs en transport motorisé (CCATM) dans le but de conclure une entente pour avoir accès aux données reliées aux plaques d’immatriculation de la Belle Province. 

L’information qui signifierait la fin de la « période de grâce » pour les conducteurs de l’Outaouais et des autres régions québécoises sur le territoire de la capitale fédérale a été confirmée par le directeur des Services de circulation, Phil Landry.

En juin dernier, dans nos pages, le ministère des Transports de l’Ontario avait indiqué que « les municipalités ont la capacité de facturer des véhicules québécois pour de telles infractions, mais elles doivent d’abord conclure des ententes de partage de données avec le Québec ». 

C’est la SAAQ qui a proposé à la Ville d’Ottawa, après analyse des besoins et des scénarios possibles en décembre dernier, de se tourner vers la CCATM. 

« Nous avons déjà une entente avec le CCATM. Celle-ci permet au CCATM de fournir certaines informations à des administrations hors Québec, avec la permission de la Société. Les besoins de la Ville d’Ottawa entrent très bien dans ce type de transmission. De plus, comme le CCATM possède déjà l’infrastructure technologique requise pour la transmission sécurisée de l’information, cette solution ne nécessitera pas de modification ou de développement informatique », de dire le porte-parole de la SAAQ, Gino Desrosiers. 

Du côté du CCATM, la directrice des communications Eileen Melnick-McCarthy confirme que la Ville a débuté le processus menant à l’obtention des données de la SAAQ, mais précise qu’aucune décision n’a encore été prise à ce sujet. 

Watson a interpellé Fortin

Pour le maire Jim Watson, cette entente n’est rien d’autre que logique, sachant que plusieurs automobilistes québécois s’en tiraient probablement sans sanction depuis l’installation des premiers appareils sur la rive ontarienne. Il a d’ailleurs écrit au nouveau ministre des Transports du Québec (André Fortin) dans les derniers mois pour le sensibiliser à la question. « Je pense que c’est important pour la sécurité que tous les conducteurs sachent que s’ils passent sur un feu rouge, il y a des conséquences. On a installé des radars photo pour diminuer le nombre d’accidents aux intersections. C’est important pour nous d’avoir la permission d’envoyer des factures aux qui commettent une infraction. L’inverse s’applique », dit-il.

Plus de constats, moins d’argent pour l’instant

Si la tendance s’est maintenue jusqu’à la fin décembre, c’est près de 26 000 constats d’infraction qui auront été distribués grâce aux radars photo aux feux rouges en 2017 à Ottawa. Un bond de 45 % en comparaison avec l’année précédente.

Cette augmentation substantielle, qui s’explique en grande partie par l’ajout d’une quinzaine de nouveaux appareils sur le territoire de la capitale, ne s’est cependant pas pour l’instant traduite en hausse de revenus pour la Ville. 

Pour la période du 1er janvier au 30 novembre, les radars photo aux feux rouges ont permis d’ajouter 5,1 millions $ dans les coffres municipaux. Or, l’amende pour une telle infraction s’élevant à 325 $, il y a donc encore un manque à gagner d’environ 2,6 millions $. Le tout s’explique par diverses raisons, entre autres parce que des automobilistes contestent leur contravention ou n’en ont pas encore fait le paiement. 

À l’heure actuelle, on dénombre 48 radars photo aux feux rouges d’un bout à l’autre de la ville. 

L’installation de six des 20 dispositifs supplémentaires qui devaient faire leur apparition en 2017 n’est pas encore complétée. C’est le cas entre autres à l’intersection du chemin Sussex et de la rue Murray; à l’angle des rues Lyon et Slater, ou encore au coin de la rue Elgin et Slater, au centre-ville. Un appareil n’est également pas encore en service à l’intersection du boulevard St. Joseph et du chemin Tenth Line, dans le secteur Orléans. Le coût de chaque appareil s’élève à 35 000 $. 

Le Programme des appareils photo reliés aux feux rouges dispose d’un budget de près d’un million de dollars à Ottawa.