Au total, on dénombre un peu plus de 56 000 francophones dans ces quatre quartiers. Près du tiers (32 %) d’entre eux habitent le quartier Cumberland.

Plus de la moitié des candidats se disent bilingues

Des 26 candidats en lice aux élections municipales dans les quatre quartiers où la proportion de francophones est la plus forte à Ottawa, 16 déclarent être bilingues. Un chiffre qui n’étonne pas l’Association des communautés francophones d’Ottawa (ACFO).

C’est donc dire que 61 % des aspirants conseillers municipaux des quartiers Cumberland, Innes, Orléans et Rideau-Vanier, où entre 29 et 36 % de la population a le français comme langue maternelle, affirment maîtriser la langue de Molière. Les autres n’ont soit pas répondu aux demandes formulées par Le Droit ou encore ont indiqué qu’ils n’étaient pas en mesure de s’exprimer en français. Certains ont dit qu’ils étaient en mesure de se débrouiller pour le parler et le comprendre, mais de façon minimale.

Difficile de savoir avec certitude si tous les candidats disent vrai, mais l’ACFO soutient que pour un tel exercice, il faut se fier à bonne foi des gens.

« Ces chiffres-là ne sont pas surprenants. Nous-mêmes, nous avons effectué un sondage pour parler des enjeux francophones, et certaines personnes qui maîtrisent le français nous ont répondu en anglais. On s’attend à ce que si tu es bilingue, tu fasses au moins un effort pour offrir une réponse en français », affirme la présidente de l’ACFO, Soukaina Boutiyeb.

Soukaina Boutiyeb, présidente de l’ACFO, entretient un doute sur le bilinguisme affirmé par certains candidats aux élections municipales à Ottawa.

Au total, on dénombre un peu plus de 56 000 francophones dans ces quatre quartiers. Près du tiers (32 %) d’entre eux habitent le quartier Cumberland.

Les futurs élus de ces quartiers devraient-ils maîtriser le français ? Oui, croit Mme Boutiyeb, tout en apportant quelques bémols.

« Je pense que dans un quartier francophone, si tu as besoin de t’adresser à tes citoyens, tu as besoin d’être bilingue. La personne doit faire un effort pour avoir une conversation, aussi minime soit-elle, avec les francophones. C’est un poste très sérieux qui ne doit pas être pris à la légère, alors les élus doivent représenter tous les citoyens de manière égale, peu importe leur langue », de dire Mme Boutiyeb.

Cette dernière tient à ajouter que ce n’est parce qu’un élu est francophone qu’il sera « automatiquement sensible aux enjeux de la minorité linguistique ».

« Par expérience, je peux dire que ce n’est pas toujours le cas. On ne devrait pas s’arrêter juste à la langue des gens, mais également à leurs intentions », conclut-elle, rappelant qu’en fin de compte, le mot de la fin revient aux électeurs le 22 octobre.