Dès la fin décembre, OC Transpo modifiera son offre de service pour pallier les « répercussions disproportionnées » qu'ont subies certains utilisateurs l'an dernier.

Plus d'avertissements que d'amendes chez OC Transpo

Les inspecteurs d'OC Transpo chargés de vérifier les preuves de paiement dans des véhicules du transporteur public ont donné plus d'avertissements verbaux que de constats d'infraction aux fautifs, l'année dernière.
Le rapport annuel de rendement de l'organisme, déposé mercredi à la Commission du transport en commun d'Ottawa, démontre qu'une telle clémence a été accordée à près de 4800 usagers, soit plus de la moitié des 8900 personnes prises en flagrant délit par les 12 inspecteurs d'OC Transpo. Un peu moins de 900 personnes ont aussi reçu des avertissements écrits. Ces absolutions visaient à permettre aux clients de s'adapter à l'utilisation de la carte à puce Presto, encore relativement nouvelle en 2014, pour payer leur parcours.
« Au lieu de donner une amende aux gens ayant oublié de payer avec leur carte, nous avons préféré leur donner un avertissement. Nous ne voulions pas punir les gens honnêtes ayant fait une erreur honnête », a commenté Stephen Blais, président de la Commission.
Cibler les récidivistes
Une personne reconnue coupable doit débourser 125 $. L'an dernier, environ 3200 passagers ont reçu une telle amende.
« Nous voulons cibler les récidivistes [...] Nos inspecteurs tiennent un registre pour ne pas pénaliser la personne qui se trompe une seule fois », ajoute Troy Charter, directeur général adjoint d'OC Transpo.
Les dirigeants du transporteur public n'ont pas été en mesure de déterminer combien de revenus ont été perdus pendant l'année de transition.
« Il n'y a pas eu une baisse massive dans nos revenus », soutient de son côté John Manconi, directeur général d'OC Transpo.
Or des données obtenues plus tôt cette année par LeDroit en vertu de la Loi sur l'accès à l'information démontrent que les contraventions ont généré des amendes totalisant 424 000 $ l'an dernier, contre 465 750 $ en 2013. Par ailleurs, les amendes avaient franchi le cap du demi-million en 2011 (551 250 $) et 2012 (595 875 $).
En entrevue avec LeDroit, M. Charter avait rappelé qu'OC Transpo n'a pas de quotas quant au nombre de billets d'infraction et que les sommes recueillies « ne s'avèrent pas une source de revenus additionnelle » pour l'organisme. Tous les fonds perçus sont retournés dans le coffre de la municipalité et dans le budget d'OC Transpo, avait-il précisé.
Maintenant que la période de transition est pratiquement terminée, les inspecteurs devraient réduire le nombre d'avertissements verbaux, soutient M. Manconi. Pendant la dernière année, ils avaient doublé comparativement à la moyenne annuelle depuis 2010.