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Selon un rapport dévoilé jeudi, la densification est un enjeu qui a été régulièrement soulevé par les citoyens de la capitale fédérale.
Selon un rapport dévoilé jeudi, la densification est un enjeu qui a été régulièrement soulevé par les citoyens de la capitale fédérale.

Plan officiel d'Ottawa: la densification est sur toutes les lèvres

Julien Paquette
Julien Paquette
Le Droit
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La Ville d’Ottawa soutient avoir obtenu un nombre «sans précédent» de commentaires du public dans le cadre de l’élaboration de son nouveau Plan officiel (PO). Selon un rapport dévoilé jeudi, la densification est un enjeu qui a été régulièrement soulevé par les citoyens de la capitale fédérale.

«On a des chiffres faramineux. […] On a dépassé les 100 000 points de contact avec des citoyens au sujet du Plan officiel, soutient le gestionnaire de la planification des politiques pour la Ville, Alain Miguelez. Il y a eu des réunions Zoom avec 700 à 800 participants, c’est du jamais vu.»

La municipalité a présenté jeudi — dans un rapport provisoire intitulé «Ce que nous avons entendu» — une recension des principaux commentaires formulés à propos de la version provisoire du PO rendue publique en novembre dernier.

Les citoyens ont signifié par exemple leur opposition à l’élargissement du périmètre urbain actuel — zone où la construction résidentielle sera possible pour la durée du nouveau PO — en plus de soulever des enjeux perçus avec les limites de hauteur des futurs édifices sur les artères principales et les carrefours (secteurs qui entourent des stations de transport en commun rapide).

En ce qui concerne le périmètre urbain, l’administration rappelle qu’elle exécute la volonté exprimée par le conseil municipal.

«Le Conseil municipal s’est penché sur trois scénarios d’expansion urbaine. Durant plusieurs jours, il a été attentif aux commentaires des délégations sur l’orientation à adopter. Il s’est prononcé en faveur de la mise en œuvre du scénario équilibré exposé dans le Rapport sur la gestion de la croissance», peut-on lire dans le document.

L’administration indique également à certains endroits avoir modifié le PO provisoire, à la lumière des commentaires du public. Par exemple, l’interdiction de reconstruire une maison unifamiliale dans le cadre d’une construction neuve a été retirée.

«La stratégie reste la même, on veut quand même densifier, mais on s’est donné des outils qui sont plus flexibles. Au lieu d’avoir des exigences minimales de densité, on a transformé ça en cibles. Au lieu d’exprimer nos politiques en terme d’un seul chiffre, on a des fourchettes, explique M. Miguelez. Ça va nous permettre, dans l’exercice de zonage qui va suivre, d’être plus sensible au contexte de chaque rue et de chaque quartier.»

Sur les rues principales et les carrefours, la Ville prévoit par exemple que les édifices qui seront construits auront une hauteur de 10 à 40 étages, plutôt que fixer tout de suite cette hauteur à 25.

Question des Premières Nations

Exigence de la loi provinciale, la Ville dit également avoir fait un effort particulier pour consulter les représentants des Premières Nations dans la région.

«Il nous incombe de les consulter. Nous sommes sur leur territoire non cédé», lance Alain Miguelez.

Dans le rapport, l’administration souligne que «le personnel s’engage à mener un dialogue permanent» et que «ces dialogues doivent se poursuivre, et nous savons qu’un dialogue ouvert ne peut pas se dérouler selon des échéances strictes».

Le gestionnaire de la planification politique a également reconnu qu’une partie importante de ces échanges portent sur le controversé projet de développement «Tewin» dans l’est de la Ville.

«C’est des discussions qui auront lieu pendant plusieurs années. La planification d’une nouvelle communauté, c’est très complexe. Ils ont une équipe et nous avons aussi mis sur pied une équipe qui va se pencher sur toutes les dimensions techniques, logistiques et urbanistiques», affirme M. Miguelez.

La suite

Une nouvelle version du PO provisoire sera diffusée cet été. Les résidents d’Ottawa pourront continuer de faire parvenir leurs commentaires jusqu’à ce que le document soit étudié par les élus à l’automne.

Les citoyens pourront notamment se prononcer durant une réunion conjointe du Comité de l’urbanisme et celui de l’agriculture et des affaires rurales. Après cette réunion, le conseil municipal tranchera.

«Les conseillers municipaux tiendront un débat sur les politiques; il se pourrait que des motions soient déposées sur certains aspects du plan», rappelle l’administration dans son rapport.

C’est donc dire que certains aspects disputés du PO — comme l’expansion du périmètre urbain — pourraient être changés par les élus si une majorité du conseil municipal le souhaite.