Une expansion de la zone urbaine de 1350 à 1650 hectares se rapproche d’une adoption par le conseil municipal d’Ottawa, au grand dam de groupes écologistes et de certains conseillers du centre-ville.
Une expansion de la zone urbaine de 1350 à 1650 hectares se rapproche d’une adoption par le conseil municipal d’Ottawa, au grand dam de groupes écologistes et de certains conseillers du centre-ville.

Plan Officiel d'Ottawa: expansion de la zone urbaine à prévoir

Une expansion de la zone urbaine de 1350 à 1650 hectares se rapproche d’une adoption par le conseil municipal d’Ottawa, au grand dam de groupes écologistes et de certains conseillers du centre-ville.

Rappelons que d’ici 2046, l’administration de la Ville d’Ottawa prévoit une croissance de la population de 400 000 habitants dans la capitale fédérale.

Le Comité conjoint de l’urbanisme, de l’agriculture et des affaires rurales a adopté mardi le scénario concocté par les fonctionnaires de la municipalité pour définir — dans le nouveau Plan officiel d’urbanisme — où seront construites les quelque 195 000 unités nécessaires pour loger ces nouveaux résidents.

Le «scénario équilibré» de l’administration municipale prévoit que 1350 à 1650 hectares situés dans les banlieues et les zones rurales seront ajoutés au périmètre urbain, mais aussi une augmentation des cibles de densification où 51% des nouvelles résidences seraient construites en zones bâties.

«Nous prenons un grand risque, a lancé au Comité conjoint le conseiller du quartier Capitale, Shawn Menard, quelques instants avant le vote. Je sais qu’on dit qu’on planifie construire des communautés où tout est accessible à 15 minutes de marche, mais la vérité, c’est que nous n’avons pas de très bons antécédents dans ce domaine. Il y aura construction de grandes maisons unifamiliales. C’est de l’étalement urbain.»

Shawn Menard, conseiller du quartier Capitale

Durant les deux jours de consultations publiques tenues la semaine dernière, de nombreux citoyens et représentants de groupes écologistes ont signifié leur inquiétude face à une potentielle expansion de la zone urbaine.

«Je ne peux soutenir ça», a indiqué de son côté le conseiller de Kitchissippi — et seul membre du Comité conjoint à s’être opposé à l’adoption du scénario recommandé par l’administration —, Jeff Leiper.

«Parler de densification, c’est une conversation à avoir. Nous le savons bien dans Kitchissippi, mais c’est nécessaire si nous souhaitons bâtir un avenir durable pour nos enfants», a poursuivi M. Leiper.

«Pour moi, ç’a beaucoup de sens d’étendre la zone urbaine au nord de Barnsdale aujourd’hui pour compléter Barrhaven, rétorque la coprésidente du Comité conjoint et conseillère de Barrhaven, Jan Harder. Ce que nous devons avec les limites de la zone urbaine à Barrhaven, c’est de les étendre au-delà de Barnsdale, mais pas plus loin. Les protections comprises dans ce scénario l’empêcheront.»

Compromis rejeté

Voulant conjuguer ses inquiétudes sur le plan environnemental et financier, le conseiller du quartier Rivière, Riley Brockington, a proposé un compromis entre le «scénario équilibré» de l’administration et celui qui prévoyait que l’entièreté des nouveaux bâtiments d’ici 2046 serait construite dans la zone urbaine actuelle.

Sa motion visait à revoir à la hausse les objectifs de densification à atteindre entre 2041 et 2046 qui passeraient de 60% à 70%.

«J’ai entendu des gens dire avec passion qu’on ne doit pas étendre la zone urbaine, mais je ne crois pas que c’est réaliste, explique M. Brockington. Nous devons maximiser l’usage de nos infrastructures actuelles. Ce sont les contribuables qui vont payer pour la croissance et nous devons minimiser ceci.»

Riley Brockington s’est toutefois buté à un bloc d’oppositions de la part de 8 des 11 membres du Comité conjoint présent à la réunion de mardi.

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