La première soirée de consultations publiques sur le plan de réaménagement des plaines LeBreton a attiré les foules, mardi soir. Près de 300 personnes ont répondu à l’appel et, avec des autocollants, ont donné leurs idées sur le sujet de l’heure à Ottawa.

Plaines LeBreton: un remue-méninges collectif

La première consultation publique de la Commission de la capitale nationale (CCN) pour l’élaboration du nouveau plan de réaménagement des plaines LeBreton a suscité l’engouement mardi soir.

Équipées de leurs feuillets autocollants multicolores sur lesquels ils ont rédigé des dizaines et des dizaines d’idées au sujet de l’avenir du vaste terrain d’une superficie de 56 acres, près de 300 personnes ont répondu à l’appel au Musée canadien de la guerre.

Un remue-méninges collectif qui s’avère une première étape clé qui servira à formuler la vision à la base du plan directeur conceptuel qui guidera la CCN au cours des prochaines années.

Un simple coup d’œil aux affiches permettait rapidement de constater que les citoyens souhaitent que cette fois-ci soit la bonne dans ce dossier qui a fait couler passablement d’encre ces dernières années.

Du marché public à l’épicerie en passant par la plage urbaine, un campus universitaire, des logements abordables verts, de grands espaces publics, un monument national, des restaurants, un musée, un accès direct à la rivière des Outaouais, un quartier des spectacles, des résidences pour aînés ou bien sûr un nouvel aréna, le public a dévoilé ses préférences.

« Construisez littéralement n’importe quoi, mais avant 2080 », a même ironisé un citoyen dans son message affiché sur le mur.

Résidente du secteur, Patti Church se dit optimiste et croit que l’heure est enfin venue de voir naître un nouveau quartier emblématique pour la capitale, après le marché By et le quartier Glebe, par exemple.

« Je suis très excitée par toutes les idées que je vois. Comme citoyenne qui a vécu à différents endroits, il faut que ce soit un lieu de rassemblement à plusieurs points de vue. Ce doit être un endroit interactif. On n’a qu’à penser à The Bean (une sculpture urbaine) à Chicago : il y a de l’interaction autour, ce n’est pas uniquement quelque chose que l’on peut regarder. Je suis récemment allé à Calgary et New York, et dans ces deux villes, il y a de grands jardins où l’on peut marcher. Ce sont de bonnes idées. On a besoin de bouger davantage, il ne faut pas simplement des endroits où l’on s’assoit et mange », note-t-elle.

Le mot « rassemblement » est aussi le premier à être sorti de la bouche de Joël Reardon, qui habite dans le quartier Val-Tétreault à Gatineau, lorsqu’il songe à l’avenir des plaines LeBreton.

« Il y a les arts, par exemple avec un espace pour les festivals ou un grand parc. J’aime beaucoup la Place des arts ou encore le Quartier des spectacles, à Montréal. On pourrait reproduire quelque chose comme ceci. Il y a aussi tout le volet historique à mettre en valeur, ou encore tout ce qui a un lien avec l’écologie », lance-t-il, ajoutant que de rapprocher l’amphithéâtre des Sénateurs du centre-ville serait certes très positif pour l’économie autant d’Ottawa que de Gatineau.

Pour le réaménagement des plaines LeBreton, la CCN compte aussi s’inspirer de divers autres projets réalisés avec la même approche sur des sites semblables dans d’autres villes du globe, par exemple Hambourg, Las Vegas, Melbourne, Washington et Toronto.

À l’automne

La directrice du projet « Bâtir LeBreton » à la CCN, Katie Paris, soutient qu’une première ébauche du plan directeur conceptuel sera dévoilée à l’automne prochain.

Par la suite, la Société d’État planchera sur un appel de propositions pour le développement d’une parcelle de terrain de trois acres située à l’angle des rues Albert et Booth, à proximité du site de la nouvelle Bibliothèque centrale d’Ottawa et du complexe de Bibliothèque et Archives Canada, qui doit ouvrir ses portes en 2024.

Au début mars, la CCN a annoncé qu’elle effaçait et recommençait, lançant un jeudi un appel d’offres en vue du réaménagement des plaines LeBreton, quelques jours après avoir mis au rancart le controversé projet du groupe RendezVous LeBreton.

L’agence fédérale, qui disait vouloir « tirer profit des leçons apprises », a décidé d’adopter une nouvelle approche et souhaite dorénavant développer le terrain en pièces détachées.

Les intéressés peuvent également faire part de leurs suggestions en ligne jusqu’au 2 juillet.