Plaines LeBreton: Eugene Melnyk poursuit ses partenaires pour 700 M$

Rien ne va plus chez le propriétaire des Sénateurs, qui s’éloigne de son rêve d’attirer son équipe dans le très convoité quartier des plaines LeBreton, au centre-ville. Eugene Melnyk, propriétaire de l’équipe de hockey et de Capital Sports Management Inc. (CSMI), vient d’intenter une poursuite faramineuse de 700 millions $ contre son partenaire d’affaires du Groupe RendezVous LeBreton, Trinity Development Group Inc. (TDGI).

M. Melnyk est – plus que jamais – à couteaux tirés avec TDGI et son dirigeant, John Ruddy, ainsi que Graham Bird.

Les deux groupes d’investisseurs s’étaient unis afin de développer les 21 hectares des Plaines LeBreton, avec la construction d’un nouvel amphithéâtre pour les Sens, des propriétés résidentielles, des commerces et des hôtels.

Cette alliance a tourné au vinaigre, selon la poursuite de 700 millions $ déposée vendredi au palais de justice d’Ottawa.

Jeudi, la Commission de la capitale nationale (CCN) a annoncé que le projet de réaménagement des plaines LeBreton stagnait en raison « d’enjeux non résolus » entre les deux promoteurs du Groupe RendezVous LeBreton.

Capital Sports Management en rajoute, 24 heures plus tard, avec le dépôt de sa requête en Cour supérieure, en « dommages et intérêts découlant de l’échec du partenariat ».

Évalué à 4 milliards $, le plan de développement IllumiNATION du Groupe RendezVous LeBreton, inclut plus précisément un aréna de la LNH d’une capacité de 18 000 sièges, 4000 unités d’habitation, dont des logements abordables, une promenade piétonne dotée d’un sentier expérientiel numérique, une place publique, des hôtels et des espaces commerciaux.

Le groupe d’Eugene Melnyk accuse celui de John Ruddy d’« énormes conflits d’intérêts ».

Poursuite

Selon la poursuite, la construction par le groupe Trinity de trois tours, dont une de 65 étages au 900, rue Albert, est au cœur du litige.

Le groupe d’Eugene Melnyk accuse Trinity Developpement Group Inc. de construire un projet voisin, qui entre directement en compétition avec le projet initial, soit RendezVous Le Breton.

Ce comportement met en danger tout le projet RendezVous LeBreton, allègue la poursuite.

Capital Sports Management Inc. pointe son partenaire, devenu ennemi, d’avoir « empiré les choses » au lieu de faire évoluer le mégaprojet.

« Ruddy et Trinity, lit-on dans la poursuite, auraient dû clarifier son conflit d’intérêts à CSMI, se retirer du projet de l’entreprise, ou encore arrimer les deux lotissements. À la place, Ruddy et Trinity ont utilisé des informations internes à mauvais escient concernant le projet LeBreton et ont abusé de la confiance de CSMI envers elle, dans le cadre du projet commun. »

Selon la poursuite, Trinity a utilisé des informations internes obtenues dans le cadre du projet LeBreton pour modifier ses plans voisins du 900, rue Albert.

Les plans du 900, Albert, seraient passés d’un « développement modeste » incluant des logements au prix du marché, dont certains étaient dédiés à des étudiants, à « un développement haut de gamme et polyvalent tirant avantage de la proximité d’un complexe sportif et d’infrastructures pouvant accueillir les Sénateurs ».

Eugene Melnyk ne digère pas que la tour de 65 étages du 900 Albert (qui doit devenir la plus grande tour en ville)) sera beaucoup plus haute par rapport au reste du projet LeBreton, « la rendant plus attirante dans le marché ».

CSMI n’hésite pas à parler des « machinations » de Trinity, une entreprise plus spécialisée dans le domaine du développement immobilier mixte. Le groupe d’Eugene Melnyk dit s’être fié à son expertise, justement, car son entreprise n’est pas spécialisée en la matière. Eugene Melnyk voyait en Trinity un partenaire capable de combler cette lacune.

Le conseil d’administration de la Commission de la capitale nationale a adopté, jeudi, à l’unanimité, une résolution voulant que le projet de réaménagement de ce site de plus de 21 hectares puisse passer aux étapes suivantes lors de la prochaine réunion, prévue le 24 janvier, peu importe l’issue des discussions entre CSMI et Trinity.

Devant la lenteur du processus, la société d’État fédérale tend une dernière fois la main au groupe choisi pour réaliser le projet, mais pourrait lui tourner le dos dans deux mois si rien ne change.

John Ruddy a réfuté les allégations de Melnyk et du CSMI par voie de communiqué vendredi soir. « Au cours des 30 dernières années, j’ai toujours cherché à apporter une contribution aux communautés dans lesquelles Trinity opère, et en particulier à celle ma ville natale, Ottawa. Je vais continuer à contribuer à notre grande ville. »