Jean-Pierre Poulin accuse la CCN de «jeter le bébé avec l’eau sale du bain» en écartant un projet mené par le consortium DCDLS.

Plaines LeBreton: «C’est extrêmement décevant», dit le président de Devcore

L’entreprise gatinoise Devcore, l’un des partenaires majeurs du groupe DCDLS, l’autre consortium qui était dans la course pour le réaménagement des plaines LeBreton, est frustrée de la tournure des événements et du nouveau virage pris par la Commission de la capitale nationale (CCN).

Amèrement déçu, le président Jean-Pierre Poulin ne s’est pas fait prier pour partager ses états d’âme quelques minutes après l’annonce jeudi matin.

« Je parle en mon propre nom et au nom de Devcore, parce que je n’ai pas encore eu la chance de parler avec mes partenaires de Montréal, mais c’est extrêmement décevant. On n’a pas réussi à s’entendre pour un seul processus, alors là on va faire plusieurs processus et ça va être encore plus complexe. À ce jour, on a dépensé de notre côté près de quatre millions $, Trinity aussi et la CCN deux millions. Nous sommes rendus à un dégât de 10 millions et là on va encore prendre l’argent des contribuables pour lancer un nouveau processus », s’exclame l’homme d’affaires.

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M. Poulin va même jusqu’à dire qu’il y a eu des « irrégularités » dès l’amorce du processus en 2016.

« Pour ce processus, on nous demandait rouge, ils ont voté jaune. On a choisi un projet avec 4000 condos autour d’un aréna, alors que la demande initiale, ce n’était pas ça. [...] Il y a eu des irrégularités dès le départ, avec la demande de proposition. Chaque fois qu’on a essayé de contacter la CCN pour leur en faire part, personne ne nous est revenu, même pas avec un coup de téléphone. On a envoyé je ne sais plus combien de lettres. Le processus a été irrespectueux, c’est ridicule, on ne s’est jamais fait traiter de cette façon. Ils ne peuvent pas jeter le bébé avec l’eau sale du bain. C’est incroyable de voir le résultat après tout ce processus », lance-t-il. 

Le président de Devcore affirme qu’il attend de voir l’issue d’une rencontre prévue dans les prochains jours avec le premier dirigeant de la CCN, Tobi Nussbaum, avant de décider de la suite des choses. Irrité, il affirme que l’entreprise se réserve le droit d’étudier toutes les options en lien avec les « irrégularités » auxquelles il fait référence.

« On va voir ce qui découlera de cette réunion, mais je n’en reviens pas. On va faire la lumière là-dessus, j’ai hâte qu’on en discute avec M. Nussbaum », ajoute M. Poulin. 

Questionné à savoir s’il a le goût de tenter sa chance avec le nouveau processus démarré par la CCN, l’homme d’affaires ne passe pas par quatre chemins.

« Je n’ai plus beaucoup d’intérêt personnellement. Je vais essayer à Toronto, je pense que ce sera peut-être plus facile. Qu’est-ce que je suis capable de faire de plus que ce qu’on avait déjà proposé ? On a signé des ententes concrètes avec des gens qui voulaient développer. C’est dur d’aller au-delà de Guy Laliberté quand on parle de créativité. C’est difficile à comprendre », laisse-t-il tomber.

En décembre dernier, lorsque la CCN avait annoncé qu’elle larguait le groupe concurrent RendezVous LeBreton, le consortium avait réagi en disant que la Société d’État avait « l’obligation légale d’entrer en négociations avec DCDLS en tant que second candidat qualifié » en vertu de la demande de propositions.

Le projet LeBreton Ré-Imaginé de DCDLS élaboré en 2016 prévoyait plusieurs infrastructures d’animation comme un musée des communications canadiennes, un planétarium, un abri d’orchestre et, comme le groupe RendezVous LeBreton, un amphithéâtre capable d’accommoder une formation de la Ligue nationale de hockey.