Un avocat qui a conseillé la Ville d'Ottawa dans le cadre du processus d’approvisionnement pour le prolongement de la Ligne Trillium du train léger aurait entretenu des liens avec SNC-Lavalin par le passé.

Phase 2 du train léger: le conseiller Menard réclame une enquête

«J’espère qu’il y aura une enquête là-dessus», lance le conseiller du quartier Capitale, Shawn Menard, au lendemain de révélations au sujet des liens entre SNC-Lavalin et un avocat qui a conseillé la Ville d’Ottawa dans le cadre du processus d’approvisionnement pour le prolongement de la Ligne Trillium du train léger.

Rappelons que l’avocat principal du cabinet Norton Rose Fulbright dans ce dossier, Geoffrey Gilbert, a reconnu lundi soir devant le Comité des finances et du développement économique que son collègue Stephen Nattrass a représenté SNC-Lavalin dans le passé et qu’il n’a pas, sur une base individuelle, déclaré un potentiel conflit d’intérêts à la municipalité

C’est Me Nattrass qui a rédigé l’avis légal recommandant de ne pas écarter la firme de génie québécoise du processus, même si l’évaluation technique de sa soumission n’obtenait pas la note minimale de 70% fixée par la Ville.

Me Gilbert a également admis que son collègue avait été avisé que la soumission qui avait un score inférieur à 70% était TransitNext — une filiale de SNC-Lavalin.

Lundi soir, Geoffrey Gilbert n’a pas voulu dire si Stephen Nattrass représentait toujours SNC-Lavalin dans un autre dossier au moment de fournir un avis légal à la municipalité.

«C’est malheureux parce qu’il m’apparaît qu’au moment où il a rédigé l’avis légal, il représentait toujours SNC-Lavalin dans certains dossiers, si on regarde les reportages médiatiques au sujet des dossiers sur lesquels M. Nattrass a travaillé. C’est un conflit d’intérêts évident, affirme M. Menard. Aucun conflit d’intérêts n’a été déclaré par cet individu, alors ça mérite un suivi.»

«Exceptionnellement frustrant et décevant»

Durant la réunion du Comité des finances, nous avons également appris que le maire d’Ottawa, Jim Watson, a reçu un breffage au sujet du score technique de TransitNext à la veille de la réunion du conseil municipal du 6 mars 2019 — durant laquelle l’octroi du contrat pour le prolongement de la Ligne Trillium à SNC-Lavalin a été confirmé.

«C’était exceptionnellement frustrant et décevant. Nous avons posé spécifiquement ces questions-là et on nous a dit que, légalement, nous ne pouvions obtenir cette information», lance Catherine McKenney, qui représente le quartier Somerset.

«Ce n’est pas une surprise totale que le maire ait été informé avant la réunion, soutient de son côté le conseiller de Stittsville, Glen Gower. Ce que nous devons retenir de tout ça, c’est que le personnel municipal doit être aussi proactif que possible dans sa divulgation d’informations.»

Dans une déclaration écrite, le cabinet du maire Watson indique que ce dernier a reçu l’information en raison d’une «brèche de confidentialité du processus» qui pouvait «endommager les intérêts des contribuables d’Ottawa».

Le 4 mars 2019, CBC Ottawa avait formulé une demande d’information au service des communications de la Ville au sujet du score technique de TransitNext.

«La priorité du maire Watson lors de sa rencontre avec le directeur municipal Steve Kanellakos était d’assurer que le commissaire à l’équité, une tierce partie indépendante embauchée avec le mandat d’assurer l’intégrité du processus, avait accepté que le processus était bel et bien conforme aux politiques de la Ville d’Ottawa», écrit le cabinet du premier magistrat.