Le train léger d'Ottawa a connu son lot de problèmes depuis sa mise en service en septembre dernier.
Le train léger d'Ottawa a connu son lot de problèmes depuis sa mise en service en septembre dernier.

Phase 2 de l'O-Train: la soumission de SNC-Lavalin initialement rejetée

Des documents rendus publics par la Ville d’Ottawa tard jeudi soir démontrent que la soumission controversée de SNC-Lavalin pour la phase 2 du train léger a initialement été rejetée unanimement par l’équipe d’évaluation technique formée par la municipalité.

Le choix de SNC-Lavalin pour réaliser le prolongement de la Ligne Trillium avait suscité de la grogne chez plusieurs élus de la Ville d’Ottawa lorsque CBC Ottawa a dévoilé en mars dernier que les exigences techniques n’avaient pas été atteintes par la firme dans sa proposition.

Dans un document daté du 3 octobre 2018, les cinq membres de ce comité recommandent sans équivoque que la soumission de SNC-Lavalin pour le prolongement de la Ligne Trillium ne soit pas considérée dans la suite du processus d’approvisionnement.


« Une fois toutes les préoccupations résolues, [cette firme] a été désignée promoteur privilégié. »
Michael Morgan, OC Transpo

Ils ont jugé que la proposition n’atteignait pas le pointage minimal fixé par la Ville dans les quatre catégories techniques, soit : les exigences techniques, le design, la construction et l’entretien. L’équipe d’évaluation technique a noté qu’il s’agissait d’une « mauvaise soumission technique dans l’ensemble » et qu’elle est « remplie de platitudes qui démontrent une compréhension limitée du projet ».

Dans une note de service, le directeur des opérations sur rail d’OC Transpo — et membre de l’équipe d’évaluation technique —, Michael Morgan, explique que ces recommandations ont été présentées à un Comité directeur dont le rôle est de « s’assurer que le processus était mené conformément aux exigences de la demande de propositions ».

« Le Comité a soulevé des préoccupations concernant le fait que les évaluations techniques examinaient des critères non spécifiquement énoncés dans la demande de propositions, écrit M. Morgan. Au regard des inquiétudes soulevées quant à ces critères, on a procédé à une nouvelle évaluation technique et fait des ajustements. »

Le directeur des opérations sur rail d’OC Transpo indique que, sans connaître l’identité réelle de chaque soumissionnaire, le Comité directeur a jugé qu’il était dans l’intérêt de la Ville et des contribuables que les trois soumissions évaluées — incluant celle de SNC-Lavalin — passent à la prochaine étape du processus d’approvisionnement.

À l’étape suivante, d’autres critères entrent dans l’évaluation globale des soumissions qui se voient notamment attribuer une note sur l’aspect financier de leur proposition. Celle de la filiale de SNC-Lavalin, TransitNEXT, avait le score technique le plus faible, mais avait tout de même le score global le plus élevé, poursuit Michael Morgan dans sa note envoyée aux membres du conseil municipal.

« Après le classement, une série de réunions ont eu lieu avec [le consortium qui s’est retrouvé en première place] afin de résoudre toutes les préoccupations techniques relevées au cours du processus d’évaluation technique. Une fois toutes les préoccupations résolues, [cette firme] a été désignée promoteur privilégié et présenté au Conseil pour approbation », explique M. Morgan.

Le membre de la haute direction d’OC Transpo réitère que le vérificateur général de la Ville d’Ottawa, dans un rapport déposé en novembre dernier, a conclu que le processus d’approvisionnement de la phase 2 du train léger s’est déroulé en conformité avec les règlements municipaux.