Un changement de zonage identique avait pourtant été accordé au centre récréatif Richcraft, situé à quelques pas du site convoité par le Conseil scolaire du district d'Ottawa-Carleton.

Pas d'école primaire à deux pas d'une entreprise nucléaire

Un conseil scolaire d'Ottawa croyait bien pouvoir construire une nouvelle école primaire dans un parc industriel de Kanata. Une volte-face des urbanistes municipaux et du comité d'urbanisme de la ville, mardi, a toutefois changé la donne.
« Il est très difficile de choisir un site qui est approprié pour construire une école. Mais avec l'aide de la Ville, nous avons été en mesure d'acheter un terrain sur la promenade Innovation. Toutefois, le site nécessitait un changement de zonage, mais cela nous semblait atteignable à la suite de l'aide de la municipalité », a évoqué Shirley Seward, vice-présidente du Conseil scolaire du district d'Ottawa-Carleton.
Ce changement de zonage routinier devait survenir en octobre dernier. Or, la Ville a « oublié » de consulter les voisins du site proposé - une pratique obligatoire en vertu de la loi - avant de passer au vote, qui fut remis à la toute dernière minute.
Une levée de boucliers a suivi, particulièrement alimentée par le voisin immédiat, l'entreprise Nordion, qui se spécialise dans la production d'isotopes radioactifs à des fins médicales. L'inquiétude soulevée relève plutôt du fait que toute expansion future souhaitée par Nordion déplairait au voisinage et - surtout - aux parents des écoliers. La compagnie a assuré qu'il n'y avait aucun danger pour les enfants en raison des importantes mesures de sécurité, mais que les perceptions associées à l'industrie nucléaire mènent souvent à une contestation du public.
« Le temps presse »
La présidente du conseil scolaire, Jennifer McKenzie, a réitéré hier l'importance d'accorder le changement de zonage lors d'un dernier plaidoyer devant les élus. Le même changement de zonage avait pourtant été accordé par la Ville pour permettre la construction du centre récréatif Richcraft, à quelques pas du site convoité.
« Nous voici à la onzième heure. Le temps presse. Nous planifions ouvrir l'école en septembre 2015, car le secteur Kanata-Nord a besoin de 700 nouvelles places au primaire », a-t-elle signalé.
Le comité d'urbanisme a toutefois ignoré son cri du coeur et a refusé de changer le zonage. L'avenir du site risque d'être déterminé par la Commission des affaires municipales de l'Ontario. Le conseil scolaire y a déjà déposé une plainte afin de ne pas perdre le financement récemment accordé par la province pour la construction du nouvel immeuble.
« Ce ne fut pas un de nos meilleurs moments en matière de planification », a avoué un élu hier sous le couvert de l'anonymat. « Nous avons vraiment bien mal paru dans cette affaire. »