Charles Bordeleau a commencé sa carrière de policier en 1984 au sein du Service de police de Gloucester. Il est devenu chef de la police d’Ottawa en 2012.

Pas de politique pour Charles Bordeleau

Le processus pour trouver un successeur à Charles Bordeleau qui prendra sa retraite en tant que chef du Service de police d’Ottawa (SPO) à la fin de son contrat le 4 mai prochain a été entamé lundi soir par la Commission de services policiers d’Ottawa. Pour sa part, M. Bordeleau écarte toute ambition politique.

« Ça fait 35 ans que je suis au service de cette communauté extraordinaire. J’ai eu le privilège de diriger le service de police, le meilleur au Canada, au cours des sept dernières années. Je suis très confiant de voir l’équipe de direction en poste actuellement continuer à mener vers l’avant ce service de police », a expliqué le chef Bordeleau lors d’un point de presse lundi après-midi, quelques instants avant la réunion de la Commission de services policiers d’Ottawa où il a officiellement informé les membres de la Commission de son intention de laisser son poste au printemps.

Charles Bordeleau, 56 ans, prendra l’été pour prendre un bon congé, passer du temps en famille, jouer au golf, s’entraîner pour un demi-marathon et savourer la vie.

A-t-il des ambitions politiques à l’horizon ?

« Absolument pas. Aucune », a-t-il rétorqué à une question en ce sens.

Les membres de la Commission de services policiers d’Ottawa ont commencé lundi soir les discussions concernant l’embauche du prochain chef de police. La Commission doit établir si les candidatures devront venir de l’interne seulement ou si des candidats à l’externe pourront aussi postuler. Concernant cette dernière option, elle devra en outre déterminer si les candidats devront être de l’Ontario ou si le poste sera affiché à l’échelle nationale. Si aucun candidat n’est trouvé au 4 mai, un chef par intérim sera nommé.

Le chef Bordeleau a été la cible de nombreuses critiques du président de l’Association des policiers d’Ottawa, Matt Skof. Ce dernier a souvent affirmé que le moral des troupes était bas sous l’égide de M. Bordeleau. Rappelons que M. Skof a été accusé la semaine dernière d’abus de confiance et d’entrave à la justice concernant une histoire d’enregistrements sonores apparus dans les médias sociaux dans lesquelles étaient faites des allégations concernant l’ancien président de la Commission de services policiers d’Ottawa, Eli El-Chantiry.

Recrutement

Non seulement un chef de police doit être trouvé au cours des prochains mois, mais le SPO aura aussi un important besoin d’agents au cours des prochaines années. La police d’Ottawa prévoit embaucher 500 agents au cours des cinq prochaines années pour les besoins liés à la croissance et pour combler les départs à la retraite. Pour atteindre cet objectif, 1500 candidats prometteurs sont requis, et le SPO concède que le défi est énorme.

En raison de la concurrence entre les services de police de la province et d’ailleurs au pays, il est essentiel pour le SPO d’être le premier à faire une offre aux candidats, a souligné la directrice générale du SPO, Debra Frazer, devant les commissaires. Le SPO déploie présentement de grands efforts de recrutement, que ce soit dans la communauté ou sur les réseaux sociaux.

« Ce n’est pas tout le monde qui veut devenir un policier, a pour sa part concédé l’inspecteure par intérim Debbie Miller. Le rôle d’un policier a changé depuis les dix dernières années. C’est exigeant physiquement et mentalement. Nous devons dire à la communauté que c’est toujours une profession viable, et que nous pouvons donner aux gens les outils et les habiletés pour être d’excellents policiers. »

Toujours au chapitre des effectifs, le SPO a signalé lundi son intention de redonner force à la police communautaire en créant 20 postes sur deux ans. La police communautaire avait pratiquement été décimée il y a deux ans alors que les effectifs qui y étaient rattachés avaient été redéployés aux services de premières lignes, une décision qui avait suscité de la grogne chez plusieurs acteurs communautaires.

Budget 

Le SPO se voit dans l’obligation de dépasser le plafond de 3 % d’augmentation de la taxe municipale que lui a demandé la Ville d’Ottawa pour 2019. La hausse demandée par le SPO s’élève à 5,1 %, soit une croissance de 18 millions $ sur le budget de 2018.

« C’est un budget qui maintient les services actuels, qui nous permet d’ajouter des policiers dans des secteurs comme la violence contre les femmes, la sécurité sur les routes et une nouvelle équipe d’intervention communautaire. Ça répond aux changements dans les besoins de notre communauté », a expliqué le chef Bordeleau.