Les chiffres laissent croire que les agents avaient reçu le mot d'ordre d'appliquer les règlements de stationnement de façon moins stricte, mais ce n'est pas nécessairement le cas.

Pas de flambée du nombre de constats

Avec les centaines de milliers de personnes attirées dans la capitale fédérale pour assister à des événements tels que le Red Bull Crashed Ice, la Fête du Canada et La Machine en cette année de célébrations du 150e, on pourrait croire que le nombre de constats d'infraction de stationnement a grimpé en flèche. Or, non seulement ce n'est pas le cas, mais il est même en légère baisse.
Selon les données obtenues par Le Droit, 147 406 contraventions en cette matière ont été distribuées par les agents sur le territoire de la ville d'Ottawa pour la période comprise entre le 1er janvier et le 8 août, si bien que si la tendance se maintient, 244 000 constats auront été remis au terme de l'année. Si un tel scénario se concrétise, il s'agirait du plus faible nombre de constats d'infraction émis depuis 2014, année où 245 317 billets ont été décernés. Cela représenterait un recul de 2 % par rapport à l'an dernier et les statistiques seraient bien loin de celles de 2012, année où tout près de 282 000 billets d'infraction ont été déposés sur des pare-brise. 
Si l'on scrute à la loupe uniquement le mois de juillet, durant lequel une marée humaine s'est déplacée au centre-ville et aux alentours, l'équipe de 70 préposés au stationnement de la Ville a remis 19 440 constats. Aussi étonnant que cela puisse paraître, durant la même période en 2016, 21 275 contraventions avaient été émises. Un recul de 9 % a donc été observé.
De tels chiffres peuvent laisser croire que les agents avaient reçu le mot d'ordre d'être plus tolérants en cette année où les touristes sont nombreux à visiter la région, mais ce n'est pas nécessairement le cas, affirme Troy Leeson, gestionnaire de l'application des règlements de stationnement à la Ville d'Ottawa.
Des millions dans les coffres
Le travail quotidien des préposés au stationnement n'est pas de tout repos, car ces derniers en voient des vertes et des pas mûres, rappelle M. Leeson. Beaucoup de gens qui héritent d'une amende pour avoir enfreint un règlement leur lancent des injures et en viennent même, dans de cas beaucoup plus rares, aux coups. 
« On peut comprendre que les gens soient frustrés, sauf que ça ne justifie pas qu'ils deviennent agressifs, surtout pour un constat de 40 $. Le plus souvent, il s'agit d'agressions verbales. Dieu merci, pour les agressions physiques, ce n'est pas tous les jours. Mais on encourage nos employés à rapporter ce genre d'incidents. On doit envoyer le message au public que ces gens-là ne font que leur travail. Si vous n'aimez pas votre facture de Rogers lorsque vous la recevez, frappez-vous le préposé de la compagnie ? De plus, les gens ont toujours l'opportunité de contester leur constat d'infraction s'ils sont en désaccord », explique le fonctionnaire municipal.
Bon an mal an, depuis 2012, les constats d'infraction de stationnement ont rapporté entre 18 et 20 millions $ dans les coffres de la municipalité. Deux infractions spécifiques représentent depuis le début de l'année plus du quart (27 %) des constats d'infractions remis (NDLR : elles sont classées dans près d'une centaine de catégories), soit avoir garé un véhicule pour une durée supérieure à celle indiquée sur le panneau ou encore dans une zone interdite.