Plusieurs personnes étaient présentes à l’hôtel de ville d’Ottawa pour des discussions sur l’économie du partage.

Ottawa veut encadrer des plateformes comme Airbnb

Après des applications comme Uber et Lyft, la Ville d’Ottawa s’attaque à l’encadrement d’un autre géant de l’économie du partage : Airbnb et les autres plateformes de location de logement à court terme.

Le Comité des services communautaires et de protection (CSCP) a approuvé des lignes directrices pour la législation de ces plateformes. Dans le but de lutter contre la présence « d’hôtels fantômes » dans des quartiers résidentiels, il sera notamment interdit de louer une propriété dans laquelle on n’habite pas la majorité du temps.

Cette règle est excessive, rétorque la gestionnaire des politiques publiques d’Airbnb Canada, Alex Dagg. Des dizaines « d’hôtes » Airbnb ont également pris la parole pour dénoncer cette mesure devant la CSCP vendredi durant une réunion marathon qui a duré plus de 10 heures.

La volonté d’interrompre les activités « d’hôtels fantômes » — des maisons achetées dans l’unique but de les louer à répétition — vient notamment d’incident comme celui qui s’est produit dans l’ouest d’Ottawa en octobre dernier. Un jeune homme a été atteint par balle durant une fête qui a mal tourné sur la rue Benson.

Le voisin de la résidence de la rue Benson où s’est produit l’incident malheureux, Rob Hanlon, est venu partager ses inquiétudes à la CSCP. Il affirme que le propriétaire de cette maison n’habite même pas au Canada et qu’il se présente comme étant « M. Benson », le nom de la rue où se trouve sa propriété.

« La maison est louée deux ou trois fois par semaine et il y a généralement une douzaine de personnes en même temps qui s’y retrouvent. J’ai donc eu environ 1500 voisins différents dans la dernière année. Si ce n’est pas un “hôtel fantôme”, qu’est-ce que c’est alors ? », a affirmé M. Hanlon.

Ce dernier ajoute que ces « hôtels fantômes » — des maisons achetées avec l’unique intention de la louer à court terme — viennent briser la fibre communautaire de quartiers comme celui où il habite.

Alex Dagg souligne toutefois que le profil de cet hôte a été supprimé définitivement et soutient qu’Airbnb le fait régulièrement lorsque des plaintes sont formulées et qu’un hôte ou un locataire causent des problèmes.

La porte-parole d’Airbnb est toutefois favorable à l’autre proposition majeure sur laquelle reposerait l’encadrement de la location de logements à court terme d’Ottawa : la création d’un registre des unités qui seront affichées sur des plateformes comme Airbnb.

La Ville embauchera des inspecteurs qui surveilleront ces différents sites web et imposeront des amendes aux contrevenants qui affichent un logis sans permis.

Pas demain la veille

Il faudra attendre quelques mois avant que ces règles entrent en vigueur. Si le conseil municipal entérine ces lignes directrices, l’administration municipale rédigera une réglementation complète pour concrétiser cette vision.

Ce travail viendra toutefois après le processus devant le Tribunal d’appel de l’aménagement local où un règlement similaire adopté par la Ville de Toronto est actuellement contesté.