Ottawa: le train léger ne sera pas prêt pour le 30 juin

La Ville d’Ottawa et OC Transpo s’attendaient à ce que les clés du train léger puissent leur être remises avant le 30 juin. Le directeur général du transporteur, John Manconi, a jeté une douche froide sur ce scénario mardi.

Après que le certificateur indépendant ait tranché que le Rideau Transit Group (RTG) ne remplissait pas les critères pour l’achèvement substantiel des travaux, il est apparu clair que la phase 1 du train léger ne serait pas livrée avant le 30 juin comme on l’espérait, a annoncé M. Manconi au Comité des finances et du développement économique de la municipalité.

Rappelons qu’après l’obtention du certificat d’achèvement substantiel, les tests de mise en fonctionnement doivent être réalisés pendant 12 jours consécutifs. Si ces essais sont concluants, la Ville aura besoin de quatre semaines supplémentaires pour procéder au lancement du système de transport en commun.

Un délai de deux semaines a été accordé au consortium RTG afin de proposer une nouvelle échéance pour la fin des travaux. C’est le 14 juin prochain que le RTG doit dévoiler la nouvelle date limite.

À LIRE AUSSI: 

- Train léger: nouvelle embûche pour le projet 

- Transition vers le train léger: 345 mises à pied chez OC Transpo

«Je leur ai dit de ne pas nous donner une date juste pour donner une date», a lancé John Manconi aux membres du Comité des finances et du développement économique de la Ville d’Ottawa.

«On leur laisse le temps de nous donner une nouvelle date [...], parce que s’ils ne la respectent pas, il y a une nouvelle pénalité d’un million de dollars», ajoute le maire d’Ottawa, Jim Watson.

Les trains ne sont pas prêts

Selon M. Manconi, la majorité du chantier est achevé. Les stations, les rails et le système électrique sont prêts, après avoir connu certaines difficultés au cours des derniers mois.

D’importants ajustements doivent toutefois être apportés aux trains et aux wagons, ceci dit. Le système d’ouverture et de fermeture des portes n’est pas encore fiable et le système de freinage connaît encore quelques difficultés, par exemple.

«Il y a quatre semaines, j’ai parlé au PDG d’Alstom [NDLR: la firme retenue par RTG pour fournir les trains et les wagons] et il m’a promis que les trains seraient prêts pour le 31 mai. Dans une autre discussion ce matin, je lui ai évidemment rappelé qu’il a brisé cette promesse et que j’en suis très mécontent», a lancé M. Watson.

Le maire d’Ottawa a d’ailleurs convié les dirigeants d’Alstom et du RTG à une rencontre pour «remettre les pendules à l’heure». Ils ont accepté de se rendre dans son bureau pour entendre ce qu’il a à leur dire.

Plusieurs conseillers présents à la réunion du Comité des finances et du développement économique ont exprimé leur frustration, mardi. À la source de l’impatience de plusieurs d’entre eux, ce sont les mises à pied réalisées l’an dernier en prévision de la transition vers le système sur rails. Des élus soutiennent que le réseau de transport en commun a grandement perdu de son efficacité depuis ces coupes et que plusieurs citoyens sont frustrés.

Parmi ce groupe d’insatisfaits, la conseillère Diane Deans a exigé que les frais mensuels payés par les usagers d’OC Transpo soient réduits.

«Le système est devenu sous-performant et non fiable. Les gens paient le plein prix pour un service de deuxième classe, clame Mme Deans. RTG devrait payer la balance, ils ont causé ce déséquilibre.»

Le maire Watson a rétorqué qu’il s’agit d’une proposition «irréaliste». «Il faut payer pour les services qu’on offre, il faut même les améliorer. Un gel des tarifs est une proposition plus raisonnable», croit le premier magistrat.