Les maires d'Ottawa et de Gatineau, Jim Watson et Maxime Pedneaud-Jobin.

Ottawa et Gatineau veulent être représentés à la CCN

Les Villes d'Ottawa et de Gatineau en ont marre des décisions unilatérales de la Commission de la capitale nationale (CCN) et demandent une meilleure représentation au sein de l'organisme pour mettre un frein à son « ingérence inutile et sans précédent ».
Les maires des deux municipalités, Jim Watson et Maxine Pedneaud-Jobin, ont tenu un point de presse mercredi après-midi, à la suite de leur première rencontre officielle, pour exiger une réforme au sein du conseil d'administration et ainsi participer au processus de prise de décisions pour les projets dans la région.
Les maires des deux municipalités, Jim Watson et Maxime Pedneaud-Jobin, ont tenu un point de presse hier après-midi, à la suite de leur première rencontre officielle, pour exiger une réforme au sein du conseil d'administration et ainsi participer au processus de prise de décisions pour les projets d'importance dans la région. Ils s'expliquent mal comment un groupe non élu s'immisce dans des décisions locales.
« La CCN est une source de frustration pour nous. Aucune autre ville au pays ne doit composer avec une telle frustration, a déclaré le maire Watson. Nous demandons que les Villes d'Ottawa et de Gatineau aient la possibilité de nommer chacun un élu au conseil d'administration de la CCN. »
Une telle mesure permettrait de mettre la CCN sur le même pied que d'autres organismes fédéraux comme les autorités portuaires et aéroportuaires, estiment les maires.
Une objection au prolongement du train léger vers l'ouest l'année dernière a particulièrement été une source de frustration pour le maire de la capitale nationale. « Je ne crois pas que les pères fondateurs de la CCN misaient sur le fait que l'organisme ait à choisir le type de plantes près des stations du train léger comme priorité nationale... », a-t-il ironisé.
Même son de cloche de l'autre côté de la rivière des Outaouais.
« Gatineau a vécu son lot d'enjeux conflictuels avec la CCN dans les dernières années, a rappelé M. Pedneaud-Jobin en parlant notamment du dossier de la rue Gamelin. Les décisions prises par la CCN ont une incidence directe sur nos résidents, il est donc injuste que ces résidents soient représentés de manière inadéquate lorsque de telles décisions sont prises. »
Pour l'heure, le conseil d'administration de la CNN est composé d'une majorité de membres provenant de l'extérieur de la région. Selon M. Watson, les maires seraient les candidats tout désignés pour y siéger.
Lettre à Harper
Comme première étape, les deux maires ont cosigné une lettre à l'attention du premier ministre Stephen Harper pour demander un « changement simple au mode de gouvernance qui rendrait assurément la CCN plus responsable, plus efficace et plus représentative. »
Le ratio de membres locaux et d'ailleurs au pays serait presque égal avec l'ajout des maires d'Ottawa et de Gatineau au conseil d'administration. M. Watson souhaiterait éventuellement que la majorité des membres proviennent de la région de la capitale nationale.
« J'estime qu'un membre originaire des Territoires du Nord-Ouest ou du Nouveau-Brunswick ne devrait pas jouir du vote décisif pour un enjeu municipal local important », a-t-il plaidé.
Questionné à savoir si la CCN s'avérait un boulet pour la région, M. Pedneaud-Jobin a surpris en répondant avec un « oui » catégorique.
« De mémoire, il s'agit de la première fois que les villes d'Ottawa et Gatineau tiennent un point de presse pour adopter une position politique commune dans un dossier aussi importante que celui de la gouvernance de la CCN », a-t-il signalé.
L'annonce conjointe des maires a surpris le bureau de John Baird, ministre responsable de la CCN.
Le gouvernement fédéral ne s'attendait pas à une telle sortie de MM. Watson et Pedneaud-Jobin et a démontré très peu d'ouverture à leur suggestion. « L'idée de mettre un haut responsable municipal sur le conseil d'administration en est une que les gouvernements actuel et précédents n'ont pas approuvée », a fait savoir son porte-parole Rick Roth, par courriel.