Pour économiser, plutôt que d'utiliser des taxis, les ministères favorisent l'utilisation de la téléprésence.

Ottawa entamera une réforme de la réglementation des taxis

La réforme imminente de la réglementation de l'industrie du taxi d'Ottawa inquiète les chauffeurs de la capitale.
Bon nombre d'entre eux se sont déplacés à l'hôtel de ville hier pour faire un plaidoyer aux élus. Au cours de la prochaine année, la Ville d'Ottawa doit se pencher sur le sort des services de covoiturage commercial, comme Uber, qui utilise un téléphone intelligent pour héler virtuellement un véhicule.
« Les nouvelles technologies sont les bienvenues. Mais à quel prix ? Allons-nous compromettre le bien-être et la sécurité des gens ? a demandé Amrik Singh, président du syndicat de tous les chauffeurs de taxis d'Ottawa. Nous insistons pour dire que la sécurité des chauffeurs et du public est un enjeu de premier plan. »
L'entreprise américaine Uber a créé de nombreuses vagues depuis son arrivée en ville, l'automne dernier.
« Notre chiffre d'affaires a plongé de façon dramatique. Notre confrérie souffre énormément », a avancé M. Singh, sans toutefois fournir de chiffres.
Les chauffeurs de taxi pestent que ces conducteurs « à temps partiel » leur volent non seulement de la clientèle, mais violent les règles établies par la municipalité.
« Nos véhicules sont examinés, nous devons entreprendre des vérifications d'antécédents criminels aux deux ans et nos chauffeurs doivent détenir de bons dossiers de conduite pour travailler dans cette industrie. Notre concurrence n'est pas soumise aux mêmes conditions », déplore M. Singh.
C'est notamment pour ces raisons qu'une révision complète des politiques régissant l'industrie du taxi a été commandée. Au cours de la prochaine année, un consultant indépendant aura carte blanche pour formuler ses recommandations. Diverses consultations seront aussi tenues. Un rapport sera soumis aux élus en 2016.
« Nous avons peur »
N'empêche que les chauffeurs de taxi se disent préoccupés par l'ouverture d'esprit de certains élus quant à la légalisation de tels services.
« Nous avons peur, est intervenu le chauffeur Vestas Absa Mwakyeledzi. Il semble avoir eu une décroissance dans la dénonciation des agissements d'Uber depuis quelque temps. Si le conseil municipal change ses règlements pour accommoder Uber, c'est que les règles ne sont plus importantes. »
La présidente du comité des services communautaires et de protection, Diane Deans, a toutefois tenu à calmer le jeu.
« Certains d'entre vous semblent prédéterminer le résultat final. Il ne faut pas préjuger », a averti la conseillère municipale, a priori favorable au service de covoiturage.
« Entre-temps, la municipalité continue d'appliquer les règlements en place », a-t-elle ajouté.
Les agents de réglementation ont effectué plusieurs blitz pour épingler les conducteurs de taxis illégaux, au cours des six derniers mois. Pendant cette période, 58 chefs d'accusation ont été déposés et 16 000 $ ont été recueillis par Ottawa en amendes.