Selon Linda Cardinal, c’est au tour du gouvernement fédéral «d’assumer ses responsabilités et de jouer son leadership avec les autres ordres de gouvernement pour s’assurer que le bilinguisme est reflété dans la capitale ».

Ottawa bilingue fait écho au Sénat

Le dossier d’Ottawa bilingue a surgi au niveau fédéral. Un mémoire a été déposé au comité sénatorial des langues officielles cet été afin d’être présenté le 24 septembre dernier.

« Ça serait une excellente occasion pour le gouvernement fédéral de vraiment préciser ses responsabilités en matière de langues officielles dans la région et à la ville d’Ottawa », soutient Linda Cardinal, qui a rédigé le mémoire en collaboration avec François Larocque, qui est titulaire de la Chaire de recherche sur la francophonie canadienne en droits et enjeux linguistiques, et Soukaina Boutiyeb, présidente de l’Association des communautés francophones d’Ottawa (ACFO).

Des discussions sont en cours pour moderniser la Loi sur les langues officielles (LLO), une promesse du premier ministre. Les cosignataires du mémoire ont voulu profiter de l’occasion pour parler de la situation d’Ottawa et rappeler que le fédéral a des responsabilités envers l’égalité des langues officielles dans la région de la capitale nationale. Une occasion de « boucler la boucle » dans le dossier d’Ottawa bilingue.

« La Ville d’Ottawa a un règlement et la province a adopté la loi qui confirme le caractère bilingue. Il reste au gouvernement fédéral de faire sa part. C’est à son tour d’assumer ses responsabilités et de jouer son leadership avec les autres ordres de gouvernement pour s’assurer que le bilinguisme est reflété dans la capitale », affirme Mme Cardinal qui est titulaire de la Chaire de recherche sur la francophonie canadienne et les politiques publiques de l’Université d’Ottawa.

Le fédéral doit collaborer avec la Ville d’Ottawa afin de développer les services en français et l’image bilingue de la capitale, croit-elle en rappelant que le Plan d’action sur les langues officielles des libéraux prévoit un budget de 2,5 millions $ pour promouvoir le bilinguisme de la capitale.

« Ça serait l’occasion rêvée pour le gouvernement fédéral d’adopter une politique linguistique envers la région et la ville d’Ottawa et d’avoir une disposition spéciale sur l’offre active des services en français, explique la politologue. Mais aussi de reconnaître le travail qui a été fait par les autres ordres de gouvernement et de favoriser la collaboration interjuridictionnelle. »

Au-delà de la dimension symbolique de cette reconnaissance, les signataires du mémoire évoquent qu’il y a aussi une dimension réelle.

La professeure rappelle que les derniers commissaires aux langues officielles ont « régulièrement démontré qu’au marché By, dans les commerces qui sont dans des édifices fédéraux, le français n’est pas respecté ».

« Un renforcement des dispositions de la Loi créerait un incitatif supplémentaire pour que le gouvernement s’occupe aussi des langues officielles dans la région de la capitale nationale », croit-elle en donnant l’exemple de l’aéroport d’Ottawa qui tomberait sous cette disposition.

Le comité sénatorial doit déposer son rapport d’ici la fin de l’année.