La limite de vitesse dans certains secteurs de la VIlle d'Ottawa serait abaissée à 30 km/h, comme l'a déjà fait sa voisine québécoise.

Ottawa baisse la limite de vitesse à 30km/h dans certains secteurs

Face aux nombreuses demandes formulées par les citoyens, la Ville d'Ottawa abaissera la limite de vitesse à 30 km/h dans certaines rues de son territoire où le débit de circulation est plus élevé. Sauf que pour s'assurer que la mesure ait des impacts concrets, il faudra aller plus loin qu'un banal remplacement des panneaux, s'entendent pour dire des élus et l'administration municipale.
« Est-ce qu'un nouveau panneau peut vraiment changer les choses, les gens obéiront-ils ? Même si on diminue la limite, les gens ne la respectent pas. Je sais intuitivement que c'est vrai. Et quand les conducteurs ne respectent pas les règles, il y a chaque fois un tsunami d'appels à mon bureau », a lancé le conseiller municipal du quartier Kitchissippi, Jeff Leiper.
Selon l'administration municipale, il ne faut pas se leurrer et les statistiques sont claires : près de neuf personnes sur dix n'auront pas le pied moins pesant à la suite d'un simple changement d'affiche. Elle a cité l'exemple de Montréal, où un abaissement de la limite de vitesse à 40 km/h n'aurait pas eu d'impact, selon une étude. 
Pour arriver à faire changer les habitudes, il faudra non seulement poursuivre les opérations de surveillance policière mais aussi implanter d'autres mesures d'atténuation de la vitesse, telles le rétrécissement de la largeur de la chaussée ou les dos d'âne, croit M. Leiper.
La politique permettra l'adoption d'une limite de 30 km/h seulement si la vitesse de circulation enregistrée dans le secteur est d'au maximum 35 km/h. Si ce seuil est surpassé, plusieurs critères devront être respectés, entre autres un maximum de trois passages de véhicule de transport en commun par heure et par direction, une présence piétonnière importante, un débit de circulation quotidien inférieur à 2500 véhicules et une largeur d'entrées de cour inférieure à sept mètres. Si la vitesse de 35 km/h est dépassée, une pétition devra aussi être créée et une proportion d'au moins 66 % des résidents touchés devra être en faveur du changement. 
Les rues Adelaide, dans le Glebe, ainsi que Gilmour et McLeod, sont des exemples d'artères qui répondent aux critères. 
Le président du Comité des transports, Keith Egli, s'est montré satisfait de cette nouvelle politique, rappelant du même coup que dans certains secteurs comme les zones scolaires, les conducteurs qui roulent trop vite ne sont pas des automobilistes d'ailleurs en ville qui prennent des raccourcis, mais plutôt les parents qui vont déposer les enfants à la porte de l'école. 
À Gatineau, la limite de vitesse dans les rues locales résidentielles est passée de 50 km/h à 40 km/h après l'adoption d'un règlement par le conseil municipal il y a cinq ans. Plusieurs mesures d'atténuation de la vitesse ont également été déployées, comme l'installation de 137 balises flexibles de ralentissement depuis 2014. Selon des relevés, cette dernière stratégie a permis de réduire de 6 km/h la vitesse moyenne des automobilistes. 
Jeff Leiper a affirmé qu'il ignorait si la capitale fédérale avait consulté sa voisine québécoise avant d'aller de l'avant avec son projet.
D'après certaines études, une diminution de la vitesse moyenne de 5 km/h permettrait de réduire annuellement de 15 % le nombre d'accidents de la route.