Le Service des incendies d’Ottawa offre une nouvelle stratégie pour combattre les incendies de façon plus sécuritaire.

Nouvelles mesures en place pour les pompiers d'Ottawa

Fini l’époque où les pompiers étaient fiers d’être couverts de suie et mesuraient leur courage à la noirceur de leur équipement. De nouvelles pratiques sont maintenant en place afin de les conscientiser à l’importance de décontaminer leur matériel et à bien se nettoyer pour enlever les particules toxiques sur leur corps.

Le Service des incendies d’Ottawa (SIO) propose une stratégie d’extinction des feux qui englobe tant les opérations pour combattre le brasier que pour décontaminer l’équipement des pompiers qui sont exposés à des centaines de contaminants dans l’air.

« Ça fait 38 ans que j’exerce le métier de pompier et j’étais l’un de ceux qui éteignaient un feu et qui étaient noirs de la tête au pied. Maintenant, je réalise l’impact que ça peut avoir sur notre corps. Malheureusement, on peut voir les effets négatifs de l’exposition aux toxines du feu. On a vu des collègues combattre des cancers et d’autres maladies. Nous avons maintenant de meilleures pratiques pour que les pompiers puissent minimiser les impacts sur leur santé », constate John Sobey, vice-président de l’Association des pompiers professionnels d’Ottawa.

Les pompiers doivent maintenant enlever leur équipement contaminé le plus rapidement possible après avoir éteint un feu et le placer dans des sacs.

Les pompiers d'Ottawa sont en formation suite à la mise en place de nouvelles pratiques quant à la décontamination.

Par la suite, ils nettoient les parties de leur corps qui sont directement exposées à la fumée, comme le visage, le cou et les poignets à l’aide de lingettes avant de retourner à la caserne pour prendre une douche. Leurs vêtements sont ensuite envoyés à la buanderie pour être nettoyés et décontaminés.

Les membres du SIO participent à une recherche menée par l’Université d’Ottawa afin de déterminer les meilleures pratiques pour décontaminer l’équipement des pompiers ainsi que leur peau.

« On a fait une première étude pour connaître les toxines auxquelles sont exposés les pompiers, mais aussi savoir la quantité. Maintenant, on veut trouver une façon de réduire l’exposition et on teste des façons de nettoyer leur peau. On recueille des échantillons avant, pendant et après leur travail pour évaluer quelle méthode est la meilleure », explique Jennifer Keir, qui participe à la recherche avec l’université.

En Ontario, 17 cancers sont présumés être des maladies professionnelles reliées au travail des pompiers.

Toutes les mesures mises en place par le SIO et la recherche menée en partenariat avec l’Ud’O visent à diminuer les risques.

« C’est reconnu au niveau de la province. Quand tu es pompier, tu as plus de chances d’attraper un cancer à cause de ton métier. Ça fait plusieurs années qu’on fait des recherches pour étudier le problème et là on essaie de travailler plus fort pour trouver des méthodes pour réduire la contamination », explique Kim Ayotte, chef du Service des incendies.