La Ville d’Ottawa et les organismes d’aide s’organisent afin de répondre aux besoins des sinistrés.

«Nous n’allons pas oublier personne»

Les pannes d’électricité qui sont survenues après le passage des tornades à Ottawa ont fait en sorte que des milliers d’Ottaviens se sont retrouvés dans une situation de vulnérabilité. Les organismes d’aide de la région doivent conjuguer avec les besoins du quotidien en plus de ceux découlant de la tempête du 21 septembre dernier.

Douze jours après le passage des tornades qui ont dévasté les secteurs de Dunrobin et Arlington Woods, les organismes d’aide communautaire tel que Centraide, la Croix-Rouge, Logement communautaire Ottawa et la Banque alimentaire d’Ottawa se sont réunis avec le maire et les représentants des quartiers touchés pour discuter des besoins immédiats et de ceux à venir.

« Deux événements se sont passés. Il y a eu les tornades et la panne d’électricité. La tornade a touché une certaine partie de la population et les pannes ont touché beaucoup plus de gens. Chaque jour, 102 organisations donnent de la nourriture aux plus démunis. C’est un défi parce qu’on doit continuer à servir ces gens en plus d’aider ceux qui ont vécu la panne de courant », soutient Carole Gagnon, vice-présidente au développement des ressources pour Centraide Ottawa.

La priorité est d’assurer la sécurité alimentaire, d’offrir du soutien en matière de santé mentale et de rejoindre les personnes vulnérables.

« Nous n’allons pas oublier personne. Nous allons passer d’un mode d’urgence à une phase de récupération. C’est notre travail de nous assurer que nous sommes en mesure de soutenir efficacement la communauté », ajoute Michael Allen, président et chef de la direction de Centraide.

Depuis les événements du 21 septembre, les organismes ont reçu plusieurs dons de la collectivité. Centraide Ottawa a récolté 225 000 $ et la fondation des Sénateurs d’Ottawa 385 000 $.

Pression sur les organismes

Onze banques alimentaires dans l’ouest de la ville, qui nourrissent près de 7600 personnes par mois, ont subi les contrecoups de la tempête. Elles ont perdu toute leur nourriture périssable lors de la panne d’électricité en plus de voir la demande augmenter.

« Une mère de famille avec deux enfants a reçu son chèque de prestation ontarienne pour enfants le jeudi (20 septembre). Elle a fait une épicerie de 350 $ et a tout perdu au cours de la fin de semaine. Elle n’est pas la seule dans cette situation », raconte Michael Maidment, président-directeur général de la Banque alimentaire d’Ottawa.

Le groupe de travail appelé « Après la tempête » doit se réunir à nouveau d’ici deux semaines pour faire le point.

« Nous savons qu’il y a beaucoup de travail à faire à la suite de la crise provoquée par les tornades. Nous devons aider les gens à reconstruire leur vie et leur maison », ajoute le maire Jim Watson.

La Croix-Rouge anticipe des demandes d’aide en logements

Bien que le plus fort de la crise engendrée par les tornades soit passé, les effets perdureront pendant plusieurs mois. Les organismes d’aide prévoient une hausse des demandes d’aide surtout en matière de logements.

« Les gens ont trouvé des logements d’urgence chez la famille ou dans les hôtels, observe Jean-Philippe Tizi chef des opérations de la Croix-Rouge canadienne. Maintenant, on veut travailler avec la municipalité pour donner accès à des logements plus confortables sur le long terme parce que certaines maisons ne seront pas construites avant des mois. »

La Croix-Rouge a reçu un million de dollars en dons depuis le 21 septembre et sollicite toujours la générosité de la population pour venir en aide aux sinistrés.

Comparativement aux sinistrés de Gatineau, près de 80 % des ménages étaient assurés. Toutefois, les familles font face à des défis quant aux enjeux de transition.

« Il ne faut pas oublier que les assurances ne sont pas activées immédiatement. Parfois, il y a des périodes de transitions qui peuvent être difficiles à gérer pour les familles et c’est là qu’on peut faire la différence », ajoute M. Tizi.

À ce jour, plus de 300 ménages se sont enregistrés auprès de la Croix-Rouge.