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Sans tambour ni trompette et presque par hasard, une équipe de chercheurs de l’Université d’Ottawa a développé un outil fort utile pour aider les autorités de santé publique à prendre leurs décisions en matière de gestion de la pandémie.
Sans tambour ni trompette et presque par hasard, une équipe de chercheurs de l’Université d’Ottawa a développé un outil fort utile pour aider les autorités de santé publique à prendre leurs décisions en matière de gestion de la pandémie.

Nos eaux usées, indispensables pour les autorités sanitaires

Julien Paquette
Julien Paquette
Le Droit
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Sans tambour ni trompette et presque par hasard, une équipe de chercheurs de l’Université d’Ottawa a développé un outil fort utile pour aider les autorités de santé publique à prendre leurs décisions en matière de gestion de la pandémie.

La volonté de l’ingénieur environnemental Patrick D’Aoust de compléter une étude sur une méthode biologique de traitement des eaux usées a mené à un travail à temps plein de la part d’un laboratoire de l’institution pour fournir des données sur le niveau de COVID-19 présent dans la communauté à Ottawa.

«On terminait une phase du projet, mais l’Université a décidé que tous les projets qui n’étaient pas essentiels étaient en pause [en mars 2020], raconte M. D’Aoust. Le projet impliquait des bactéries et ça faisait presque huit mois qu’on était en opération. On a demandé si on pouvait éviter d’arrêter le projet, parce qu’on aurait dû recommencer huit mois de travail. On a eu cette approbation.»

Quelques semaines plus tard, Patrick D’Aoust, son superviseur et d’autres collègues du laboratoire ont décidé de se lancer dans la détection du nouveau coronavirus dans les eaux usées d’Ottawa et de Gatineau.

«Pour les premiers mois, on manquait de financement, c’était vraiment juste grâce aux fonds de recherche de mon superviseur qu’on réussissait à faire des tests», explique l’ingénieur environnemental.

Un partenariat avec le Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario (CHEO) a permis à l’équipe de poursuivre ses travaux et, éventuellement, de démontrer la pertinence de leur travail au gouvernement de l’Ontario qui a décidé de financer l’analyse des eaux usées dans 12 laboratoires à travers la province.

Grandes responsabilités

Les données obtenues par Patrick D’Aoust et ses collègues ne permettent pas d’identifier les personnes qui ont contracté la COVID-19, mais il donne une bonne idée du niveau de transmission du virus par voie asymptomatique.

«La majorité des gens qui vont se faire tester, c’est parce qu’ils sont entrés en contact avec un cas confirmé ou parce qu’ils se sentent malades. Les gens ne vont pas se faire tester pour le plaisir de la chose», souligne M. D’Aoust.

«Le fait de ne pas savoir c’est qui, c’est définitivement une limite, mais je pense qu’à long terme, on a ouvert un peu la boîte de pandore pour l’usage des eaux usées. Je pense qu’on ne va jamais arrêter. Le suivi des maladies pour améliorer la santé et la réponse de la santé publique, je pense que ça n’arrêtera pas», ajoute l’ingénieur.

Voyant les données fournies par son équipe être partagées avec le public quotidiennement sur le site web 613covid.ca en plus d’être un outil important pour les prises de décisions des autorités sanitaires — comme la médecin-chef de Santé publique Ottawa, Vera Etches — apporte son lot de stress, relate Patrick D’Aoust.

«On veut toujours s’assurer, dans le groupe, de donner des bonnes données. Tu ne veux pas donner des mauvaises données qui n’ont pas passé le contrôle de la qualité, lance M. D’Aoust. C’est un peu surréaliste pour le groupe parce que c’est très rare en science et en recherche, surtout dans le milieu universitaire, que tu es capable de faire une différence aussi rapidement dans le monde qui t’entoure.»