John Manconi, le grand patron d’OC Transpo.

Mise en service du train léger à Ottawa: Manconi sceptique

Le scepticisme persiste quant à la date de mise en service du train léger sur rail (TLR) à Ottawa. Alors que le représentant du Groupe de transport Rideau (RTG) confirme que les clés seront remises le 31 mars, le directeur général d’OC Transpo ne cache pas son inquiétude.

« Nous sommes en train de surveiller tous les éléments. Il y a de petits défis et tout cela est crucial pour la réussite. Je pense que tout sera prêt pour le 31 mars », a déclaré Peter Lauch, président-directeur général de RTG, mardi matin.

Pour sa part, le DG du transporteur public, John Manconi, affirme être « très sceptique ».

« Je me préoccupe vivement de la date de remise des clés, a lancé M. Manconi. Si ça s’avère, j’ai tort et je serai content, mais je suis très sceptique quant à la capacité de respecter la date de remise des clés. Je ne suis pas prêt à accepter un système qui n’est pas à la hauteur de nos attentes sauf si le conseil me dit de le faire. »

Avant de remettre les clés de la Ligne de la Confédération, le consortium RTG doit compléter une liste de huit éléments essentiels à la mise en service commercial. La disponibilité du parc, la mise à l’essai des systèmes et la nécessité de mettre en œuvre un plan d’opération de 12 jours consécutifs où les trains circulent d’un bout à l’autre du corridor figurent parmi la liste.

Selon les informations dévoilées lors de la mise à jour au Comité des finances et du développement économique, seulement 14 trains ont obtenu leur certification, 10 sont en voie de l’avoir et les 10 derniers suivent le processus.

RTG a l’intention de commencer la mise à l’essai d’un bout à l’autre du corridor de 12,5 km dès la deuxième semaine du mois de mars. Quinze trains doubles doivent parcourir le trajet entre les stations Blair, à l’est, et Pré Tunney, à l’ouest, sans erreurs pendant 12 jours consécutifs. 

Le 19 mars est la date limite pour lancer ces tests obligatoires. Les élus auront une idée plus claire des prochaines étapes lors de la prochaine mise à jour prévue le 5 mars.

De son côté, M. Lauch a affirmé qu’il n’avait pas l’intention de livrer un produit qui ne répond pas aux critères ou aux attentes.

« On est d’accord sur les huit points critiques. On reconnaît que certains points vont bien et d’autres moins. La disponibilité du parc est une grande préoccupation et a une incidence sur les essais de fonctionnement », a confié M. Lauch qui ajoute que le fournisseur de trains s’est engagé à être prêt avant le 31 mars.

Peter Lauch, président-directeur général de RTG, ainsi que Michael Morgan, directeur du programme de construction du train léger, lors de la rencontre de mardi à l'hôtel de ville d'Ottawa.

Vers une bataille juridique

Le projet de 2,1 milliards de dollars devait être lancé le 24 mai dernier selon l’échéancier initial. Le calendrier a été revu au 2 novembre 2018 puis au 31 mars 2019 au cours des derniers mois. 

Le consortium fait face à une pénalité d’un million de dollars pour ne pas avoir respecté la deuxième date de lancement, montant auquel pourrait s’ajouter un autre million si les clés ne sont pas remises le 31 mars.

La Ville retiendra deux paiements totalisant 262 millions de dollars jusqu’à ce que les rails soient en service. 

De plus, la municipalité est d’avis que RTG doit payer pour les coûts encourus par le retard dans la mise en service. Cette somme est évaluée à 25 millions $. Toutefois, les deux parties ne sont pas du même avis.

« Nous ne sommes pas en accord avec M. Manconi sur l’interprétation des droits de la Ville », a déclaré le PDG du consortium. 

Le maire Jim Watson n’a pas voulu donner de détails sur le plan de la Ville, mais admet que le litige risque de se terminer devant les tribunaux.