Marche des femmes: foulard au cou, espoir au coeur

La deuxième marche annuelle des femmes s’est déroulée dans les rues d’Ottawa, samedi après-midi, et a attiré plusieurs centaines de manifestantes de tous les horizons.

Contrairement à celle de l’an passé, qui visait à imiter un mouvement américain de réaction à l’élection de Donald Trump et de son passé misogyne, la manif de cette année se concentrait sur des problématiques canadiennes: violences faites aux femmes autochtones, harcèlement sexuel (dans la mouvance de #MoiAussi, #MeToo) chez nous, inégalités salariales au pays, mais surtout la sous-représentation des femmes au sein des gouvernements, la principale thématique qui a d’ailleurs animé la plupart des marches de samedi dans le monde. 

On a donc élargi le mouvement anti-Trump de l’an passé pour interpeller la problématique du manque de femmes dans la gouvernance des états en général. 

Des marches semblables se sont également déroulées dans 37 autres villes du Canada et dans plusieurs capitales de la planète, notamment Rome, Buenos Aires, Nairobi et même Pékin.

Parallèlement à la marche au centre-ville d’Ottawa, étaient organisées, au Centre Bronson, des activités de réflexion sur la place des femmes dans notre société. On y avait convié des conférencières de tous les horizons: Barâa Arar, la fille de Maher Arar, la rédactrice scientifique Rita Carter, la planchiste américaine Jamie Anderson, la ministre fédérale Catherine McKenna et la chanteuse de blues Maria Hawkins, entre autres. 

Des ateliers s’y sont également déroulés sur différentes problématiques, du trafic d’êtres humains (dont les femmes sont souvent victimes) à la place des femmes en politique.

Rouge sang

On avait invité les participants à porter un foulard rouge au cou en guise de solidarité envers les femmes autochtones disparues ou assassinées; le rouge rappelant le sang coulé dans des circonstances aussi tragiques que nébuleuses.

« On vit une épidémie: les femmes sont victimes de violences sexuelles et on n’en parle pas parce qu’on craint que la police ne nous prenne pas au sérieux », explique au Droit l’une des organisatrices de la marche, Amanda Carver, devant le parlement canadien, tout juste avant le grand départ de la manifestation.

Sa collègue coorganisatrice, Yelu Melop renchérit: « C’est une marche qui va se renouveler chaque année parce que les choses ne se règlent pas ».

La coorganisatrice de la Marche des femmes d'Ottawa, Yelu Melop.

Gisèle Bouvier, une des manifestantes, est retraitée et membre d’ACORN Canada (Association des organisations communautaires pour la réforme maintenant). « J’aimerais bien ça avoir plus de femmes à l’hôtel de ville (d’Ottawa), parce qu’une sur six environ (3 conseillères sur 23 conseillers municipaux), franchement, c’est pas représentatif ».

Sarah, elle, est militante au Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel francophone d’Ottawa, un organisme féministe qui dénonce et lutte pour l’égalité et les droits des femmes: « Je suis très heureuse de voir qu’il y a tellement de monde ici qui participe ».

Lyse-Pascale, de son côté, s’attend à ce que la marche de samedi puisse faire avancer les choses: « Je m’attends à ce que les politiques puissent se réveiller et changer [...] que notre paye soit identique à celle des hommes [...] Je m’attends à ce que cette marche puisse faire ressentir aux politiques qu’il faut faire bouger les dossiers ».