Des dizaines de cyclistes se sont rassemblés spontanément devant l’hôtel de ville d’Ottawa à la suite de la mort d’un cycliste sur l’avenue Laurier, quelques heures plus tôt.

Manifestation de cyclistes à Ottawa: «Ce n’est pas sécuritaire»

La Ville d’Ottawa doit revoir la façon dont elle construit les pistes cyclables afin d’assurer la sécurité des usagers, estiment les cyclistes qui se sont réunis devant l’hôtel de ville jeudi quelques heures après qu’un homme ait perdu la vie dans une collision survenue sur la voie cyclable située à quelques mètres.

« Il y a des portions qui sont super sécuritaires, mais il y a des sections où ce n’est pas sécuritaire du tout. Il n’y a pas assez de planification pour assurer que les cyclistes sont en sécurité partout dans la ville », constate Felicity Borgal, qui effectue la majorité de ses déplacements à l’aide de son vélo depuis plus de quatre ans.

« Je préfère emprunter les sentiers parce que je ne me sens pas bien en vélo au centre-ville. Ce n’est pas sécuritaire. Les autos n’ont pas de respect », confie Francine Leduc.

De son côté, Mme Borgal ajoute qu’elle privilégie les portions de pistes cyclables qui sont séparées complètement des rues.

« Mais ce n’est pas toujours possible, précise-t-elle. Des fois, je dois être sur la route avec les autos et dans ces sections, c’est vraiment dangereux et ça fait peur. On a peur ! »

Plus d’une cinquantaine de cyclistes de tous les âges ont répondu à l’appel des conseillers Jeff Leiper et Shawn Menard qui ont organisé un rassemblement afin de réclamer des changements dans la conception des voies réservées aux vélos, jeudi.

Les deux élus et les personnes réunis estiment que les vélos et les voitures ne doivent pas partager le même corridor à moins qu’une séparation physique soit en place.

L’accident mortel s’est produit sur l’avenue Laurier, devant l’hôtel de ville. À cet endroit, la piste cyclable se trouve à cheval entre deux voies de circulation automobile. Elle est identifiée à l’aide d’une peinture verte appliquée directement sur la chaussée.

Le conseiller Menard a qualifié cette portion de la voie cyclable sur la rue Laurier de « tronçon meurtrier ».

« Il y a un danger si nous continuons à privilégier ce type d’infrastructure. Le personnel municipal nous a indiqué qu’ils allaient étudier cette infrastructure. Mais ils savent lesquels sont sécuritaires ou non », ajoute le conseiller du quartier Capitale.

L’utilisation de voies séparées peut provoquer un « faux sentiment de sécurité », prévient Nikola Brassard-Dion qui parcourt les rues de la capitale sur sa monture depuis plus de 10 ans.

« À long terme, ça prend une campagne de sensibilisation parce que la responsabilité est partagée entre les cyclistes et les automobilistes, estime-t-il. On a beaucoup de chemin à faire au niveau de la sensibilisation. »