Punaises de lits, moisissures, infestations de rongeurs, tuyaux et câbles électriques exposés ou encore absence de chauffage pendant plusieurs jours en saison hivernale : voilà des situations qui ne sont pas rarissimes dans les centaines de maisons de chambres d'Ottawa.

Maisons de chambres à Ottawa: des actions concrètes exigées

Un an après le dépôt d’un rapport peu reluisant sur les maisons de chambres dans le centre-ouest d’Ottawa, le portrait ne semble guère plus rose. À tel point que les centres de santé communautaires (CSC) Somerset Ouest et Centre-ville s’impatientent en pressant à la fois le gouvernement provincial et la Ville de passer de la parole aux actes.

Punaises de lits, moisissures, infestations de rongeurs, tuyaux et câbles électriques exposés ou encore absence de chauffage pendant plusieurs jours en saison hivernale : voilà des situations qui, au grand dam de ces organismes, ne sont pas rarissimes dans les centaines de maisons de chambres de la capitale fédérale. 

Une nouvelle étude réalisée pour le compte des deux CSC, dans le cadre de laquelle de nombreux locataires ont été interrogés par des étudiants à la maîtrise en service social, souligne encore le « besoin critique d’améliorer les conditions de vie dans les maisons de chambres ». Même si la Ville d’Ottawa s’est engagée à revoir la règlementation sur l’attribution de permis, les organismes affirment que les normes minimales de sécurité, d’abordabilité et de salubrité ne sont pas suivies à la lettre par bon nombre de propriétaires. 

« Ça n’a pas été facile de les questionner, car plusieurs d’entre eux sont gênés ou encore ont peur des répercussions. Sauf qu’on voulait parler de leur réalité quotidienne. On constate qu’il y a de plus en plus de gens âgés et il s’agit souvent de personnes qui vivent avec des traumatismes, des problèmes de santé mentale ou encore de la toxicomanie. Ils utilisent la plupart de leurs revenus pour se loger. [...] Ce que l’on veut, ce n’est pas juste de petites promesses, ce sont des actions concrètes pour améliorer la situation. Nous, on fait notre bout de chemin, mais nos ressources sont limitées », affirme la directrice générale du CSC du Centre-ville, Simone Thibault.

Les récentes statistiques régionales démontrent que près de trois résidents de maisons de chambres sur quatre (73 %) ont entre un et trois troubles de santé mentale concomitants, alors que plus de la moitié sont âgés entre 50 et 60 ans.

Mme Thibault souligne que l’idée n’est pas nécessairement de remettre en question la pertinence même des maisons de chambres, car plusieurs des locataires 

« C’est une option valide, car il y a des gens qui apprécient vivre dans ces endroits avec des aires communes. Ils se sentent moins isolés. Ce qui cloche et ce qu’on déplore, c’est l’état dans lequel se trouvent plusieurs logis », dit-elle.

Le nouveau rapport demande entre autres à la Ville d’Ottawa d’assigner un agent des règlements pour assurer le respect des normes de biens-fonds et des dispositions du Code de prévention des incendies, conformément aux ententes annuelles de délivrance de permis. On souhaite aussi que les propriétaires assignent un concierge ou un gestionnaire immobilier facilement joignable pour voir à l’entretien et régler les problèmes sur place, alors qu’on interpelle le gouvernement provincial afin qu’il offre des programmes de supplément au loyer pour réduire l’écart entre les tarifs du programme Ontario au travail et le coût des logements locatifs.

EN CHIFFRES

- 1333

Nombre de chambres agréées (70 % sont situées dans le centre-ouest de la ville)

- 91 %

Part des gens qui reçoivent de l’aide sociale

- 82 %

Proportion des locataires qui disent avoir eu des punaises de lit dans leur logement

- 73 %

Part des locataires ayant des troubles de santé mentale concomitants

- 61 %

Proportion des locataires qui ont recours aux soupes populaires 

Source : étude réalisée par les Centres de santé communautaire Centre-ville et Somerset Ouest