Airbnb donne du fil à retordre à la Ville d’Ottawa en matière de logements abordables.

Logements abordables: Airbnb contribue à diminuer l’offre

Airbnb donne du fil à retordre à la Ville d’Ottawa en matière de logements abordables.

Selon l’analyse de l’organisme Fairbnb intitulée Aborder la crise du logement d’Ottawa, jusqu’à 90 % des revenus estimés de l’entreprise proviennent d’un usage commercial dans les principaux quartiers d’Ottawa.

On parle ici de « propriétés qui ont été accommodées pour les touristes et qui sont louées à une intensité qu’il est peu probable qu’elles soient utilisées pour loger en permanence des locataires à long terme dans la ville ».

« L’augmentation rapide du nombre de locations commerciales à court terme réduit l’offre de logements » dans la capitale fédérale, peut-on lire dans le rapport.

Toujours selon cette coalition qui milite pour des règles équitables en matière de location de logement de courte durée, cette augmentation rapide du nombre de locations commerciales « crée toute une gamme de problèmes pour les quartiers résidentiels de la ville, allant des nuisances et du bruit aux risques pour la santé et la sécurité ».

Selon le porte-parole de Fairbnb Canada, Thorben Wieditz, « les quartiers Rideau-Vanier et Somerset sont les plus touchés par ce phénomène ».

« Quatre-vingt pour cent des annonces de Airbnb dans ces quartiers sont gérés par des opérateurs commerciaux et non pas par les propriétaires », signale-t-il.

Mardi après-midi, la conseillère du quartier Somerset, Catherine McKenney, ainsi que son homologue dans Rideau-Vanier, Mathieu Fleury, ont fait acte de présence à l’hôtel de ville pour s’exprimer sur la situation.

« Quand on va frapper aux portes des citoyens, c’est un sujet de conversation qui revient souvent, indique M. Fleury. Lorsque j’ai vu les statistiques, c’est vraiment là que je me suis rendu compte qu’il y avait un problème à ce niveau-là. »

Les chiffres auxquels le conseiller fait référence sont alarmants. Seulement 16 propriétés par tranche de 1000 sont actuellement disponibles sur le marché du logement à long terme à Ottawa. Entre temps, pas moins de 2830 Airbnb sont annoncés dans la ville. Sur ce nombre, 1328 sont utilisés de façon commerciale.

« Au quotidien, ça met encore plus de pression sur les gens qui se cherchent un logement, déplore Mme McKenney. Ces chiffres sont sérieux et on doit absolument faire quelque chose pour remédier à cette situation-là. »

Fairbnb y va même d’une recommandation.

« Si la Ville d’Ottawa se conformait au cadre réglementaire pour les locations à court terme de la Ville de Toronto, elle remettrait 1054 maisons entières sur le marché du logement à long terme », conclut l’organisme dans son rapport.

Le taux d’inoccupation dans la capitale fédérale se chiffre à un niveau historique de 1,6 %.