La Ville d'Ottawa s'est fixée des objectifs plus ambitieux dans la lutte contre la pauvreté.

Logement abordable et itinérance: situation d’urgence à Ottawa

La Ville d’Ottawa déclare qu’il y a une urgence et une crise en matière de logement abordable et d’itinérance.

Pour s’attaquer au nœud du problème, le conseil municipal accepte également de se fixer des objectifs plus ambitieux dans le cadre de la mise à jour prochaine de son Plan décennal de logement et de lutte contre l’itinérance, notamment d’éliminer l’itinérance chronique d’ici 2024.

« Nous sommes la municipalité parfaite pour essayer quelque chose comme ça. Si on regarde Vancouver et Toronto, leur urgence est tellement importante que s’en sortir prendre une décennie ou deux », soutient Catherine McKenney, qui représente le quartier Somerset et qui est à l’origine de la motion adoptée par le conseil municipal mercredi.

Catherine McKenney est à l’origine d’une motion adoptée par le conseil municipal d’Ottawa sur un plan de lutte à l’itinérance et pour le logement social.

« Je crois que la gravité de notre situation se rapproche de la leur, mais on est encore dans une position qui nous permet, si nous sommes sérieux [...], d’éliminer l’itinérance chronique. Il y a environ 500 personnes en situation d’itinérance chronique. Régler ça en cinq ans, ça voudrait dire créer une centaine de logements abordables par année. Je pense que ce n’est pas exorbitant », ajoute Catherine McKenney.

Peser ses mots

Avant d’en arriver à une adoption unanime de la motion de Catherine McKenney, un long débat sémantique a été nécessaire.

La conseillère de Barrhaven, Jan Harder, a proposé un amendement pour reformuler la motion et que la Ville « reconnaisse que le logement abordable et l’itinérance est une crise urgente et récurrente », plutôt que déclarer qu’il y a une situation d’urgence en la matière.

Cette proposition n’a pas plu à Catherine McKenney et à plusieurs autres conseillers qui ont appuyé ses démarches, suscitant quelques envolées verbales passionnées au passage.

« Il n’y a pas d’autre mot qui puisse bien décrire ce qui se passe en ce moment, a notamment affirmé le conseiller de Kitchissippi, Jeff Leiper. Ce n’est pas assez de dire qu’il s’agit d’une crise, c’est une urgence. Des vies sont dans la balance. »

Au final, c’est une proposition du maire, Jim Watson, qui a permis d’obtenir un consensus autour de la table du conseil. Plutôt que déclarer « officiellement une situation d’urgence en matière de logement abordable et d’itinérance », la Ville déclare « une situation de crise et d’urgence en matière de logement abordable et d’itinérance ».

« La motion finale exprime pleinement ce que je cherchais à exprimer », lance Catherine McKenney qui se réjouit qu’Ottawa soit la première ville canadienne à déclarer une urgence dans ce domaine.