Les problèmes récurrents de l’O-Train plombent les projets d’OC Transpo qui espère réaliser son plan d’affaires de 2020.

L’O-Train met des bâtons dans les roues d’OC Transpo

En plus de faire de nombreux furieux à travers la capitale fédérale, les ennuis du train léger mettent à risque la réalisation d’autres importants projets d’OC Transpo, selon son directeur général, John Manconi.

Le transporteur présentait à la Commission du transport en commun son plan d’affaires 2020 qui comprend 12 initiatives à réaliser d’ici la fin de l’année. Parmi celles-ci la mise en œuvre du service de réservation en ligne pour Para Transpo, réaliser des études sur l’implantation d’autobus électriques à son réseau et revoir la configuration du transport en commun interprovincial.

« Nous avons fait une analyse de risque et il faut que le train léger se stabilise, a expliqué M. Manconi après la réunion de la Commission. Nous ne sommes pas en position de repousser ces projets, le conseil et les usagers ont attendu assez longtemps. On l’a entendu clairement de la part des usagers de Para Transpo. »

Quatre personnes à mobilité réduite se sont adressées à la Commission du transport en commun pour dénoncer les délais avant l’arrivée de leur autobus adapté, mais aussi les temps d’attente dans la réservation d’un transport.

OC Transpo compte sur la réservation en ligne pour apaiser cette frustration récurrente pour les usagers de Para Transpo et elle devrait être bientôt concrétisée. Ce service pourra être testé à compter de vendredi, a annoncé le transporteur à la Commission.

« Nous progressons »

John Manconi soutient que les efforts pour stabiliser l’O-Train avancent bien, mais assure toutefois qu’OC Transpo est déterminé à réaliser son plan d’affaires 2020, même si le train léger continue de connaître des ratés pendant quelques mois.

« Le président de la Commission nous a donné son appui pour aller chercher les ressources nécessaires pour réaliser ces projets, lance M. Manconi. On doit mener à terme ces projets et s’il faut embaucher des consultants pour y parvenir, je sais que le directeur général et nos autres partenaires à la Ville vont tout faire pour nous aider. »

Impossible de savoir combien de temps il faudra à Rideau Transit Maintenance (RTM) pour stabiliser la Ligne de la Confédération. Son président-directeur général, Peter Lauch, assure toutefois être sur la bonne piste.

« On fait des gains tous les jours. Évidemment, il y a eu un recul vendredi dernier et ç’a eu un effet domino sur les jours suivants, mais nous progressons », affirme M. Lauch.

Nous avons d’ailleurs appris que le « recul » de vendredi dernier soit le bris de quatre transpondeurs — appareil qui communique la position du train — n’a pas été causé par des débris sur les rails, tel que rapporté initialement. Il s’agit plutôt du capteur de vitesse d’un train qui s’est détaché pour se retrouver sur la voie ferrée.

« Les capteurs de vitesse installés sous le train communiquent avec les transpondeurs, explique Peter Lauch. Tu as besoin de quatre transpondeurs pour permettre au train d’émettre sa position. Si quatre d’entre eux sont endommagés, les freins d’urgence se déclenchent automatiquement ce qui provoque de l’usure aux roues. Quatre trains ont dû freiner brusquement, on s’est donc retrouvé avec huit véhicules avec une roue aplatie. »

« Nous avons vérifié l’entièreté de notre flotte, tous nos capteurs de vitesse ont été vérifiés et fixés correctement à nouveau. Ça n’arrivera plus », ajoute le P.-D.G. de RTM.

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Bientôt 14 trains à l’heure de pointe

RTM se dit bientôt prêt à intégrer un 14e train à la Ligne de la Confédération lors des heures de pointe alors que le directeur général d’OC Transpo, John Manconi, insiste qu’il en veut également un 15e rapidement.

Des déclarations qui peuvent paraître surprenantes alors qu’à plusieurs reprises au cours des dernières semaines, on n’arrive pas à mettre les 13 trains nécessaires à la livraison du plein service sur rail durant les heures de pointe.

M. Manconi rappelle toutefois que 15 trains était la norme identifiée avant le lancement de la Ligne de la Confédération l’automne dernier.

«À l’époque, on demandait d’assembler une flotte, peu importe le nombre de trains, pour arriver à transporter 10 700 passagers chaque heure, dans chaque direction et avec un certain temps limite, environ 23 ou 24 minutes si ma mémoire est bonne. Leur démonstration, c’est qu’avec 15 trains, on atteignait ce volume de passagers», soutient le directeur général d’OC Transpo.

Le président-directeur général de RTM, Peter Lauch, précise cependant avoir demandé une exception au contrat pour les premiers mois du système, requête approuvée par la Ville d’Ottawa.

«Nous avions quelques problèmes, mais avec l’accord de la Ville, nous sommes passés de 15 à 13 trains, rappelle M. Lauch. Pour l’instant, ça nous rend la vie plus facile d’avoir des trains de rechange supplémentaires.»

«Pour transporter le nombre de personnes que nous avons présentement, 13 trains sont suffisants, même si c’est un peu moins spacieux, ajoute John Manconi. Je veux le 14e train sur rail le plus rapidement possible pour le confort de nos passagers et ensuite, je veux avoir le 15e

Des tests ont été conduits au cours des dernières semaines et RTM est près d’atteindre les exigences techniques de la Ville qui lui permettra de déployer un 14e train. M. Manconi que les correctifs qui doivent encore être apportés sont mineurs et il s’attend à ce que ce soit fait sous peu.

«L’horaire avec 14 trains est prêt, a indiqué le directeur général d’OC Transpo à la Commission du transport en commun mercredi. Il n’y a pas de date fixe encore, mais on se rapproche de celle-ci.»