Les mesures d'atténuation de vitesse divisent les conseillers d'Ottawa

Les élus d'Ottawa saluent l'efficacité d'un projet-pilote visant à atténuer la vitesse dans certains quartiers de la ville. C'est comment s'y prendre pour payer les diverses mesures - relativement peu coûteuses - qui les divisent toutefois.
«Le projet est très efficace. Nous avons vu des résultats concluants, notamment sur la rue Montfort, note Mathieu Fleury, conseiller du quartier Rideau-Vanier. Si ces mesures semblent bien fonctionner, il faut élaborer des stratégies et trouver un mécanisme pour les financer. À mon avis, les budgets de dépenses des conseillers ne doivent pas servir à subventionner de tels projets. »
Son homologue du quartier Gloucester-Southgate a abordé du même sens, hier au comité des transports.
«C'est une question de principe, dit Diane Deans. J'estime que les dépenses opérationnelles doivent être payées par des budgets opérationnels. Les conseillers qui dépensent moins d'argent de leur budget ne devraient pas avoir plus d'opportunités que leurs confrères.» 
En 2013, la municipalité a mis en oeuvre bon nombre d'initiatives pour régler les problèmes de vitesse excessive. Le projet consistait en l'installation de panneaux de signalisation, de balises flexibles sur la ligne médiane de la route et de marques peintes sur la chaussée  indiquant les limites de vitesse.  
Douze endroits dans onze quartiers de la ville ont été retenus pour le projet pilote. De façon générale, la vitesse a diminué de 4 à 6 km/h à la suite de la mise en oeuvre du projet-pilote.  Selon des estimations globales, le coût de mise en place de ces mesures est d'environ 1 300 $ à 1 500 $ par emplacement. 
Bloess découragé
Tous ces bons résultats, à prix modique, a poussé le conseiller du quartier Innes, Rainer Bloess, à plaider à nouveau pour l'utilisation des budgets des conseillers.  Pour l'heure, 240 000$ sont à la disposition de chaque échevin par année. La grande majorité de ces fonds est allouée au personnel des élus.
«C'est gênant qu'on s'attarde sur des petites sommes d'argent, a pesté M. Bloess. Au début de ce mandat, le comité a pris la bonne décision qui nous permettait une certaine latitude avec nos budgets. C'était la bonne chose à faire, mais le bureau du maire a rejeté le tout lors des discussions budgétaires. Alors voilà, ça revient nous hanter.»
Hier, le comité de transports a accepté une motion permettant aux élus de piger dans leur budget de conseiller pour mettre sur pied des mesures d'atténuation de vitesse jusqu'à la fin de leur mandat.  
La création d'un fonds dédié à de tels projets dans les quartiers devrait faire l'objet de discussions lors du prochain exercice budgétaire de la Ville.