La construction du pont piétonnier devait être complétée en octobre 2011. Des erreurs de conception ont toutefois provoqué des retards et le coût du projet a presque doublé - de 6,9 millions$ à 11,5 millions - pour assurer sa réalisation.

Les élus exigent des comptes

Les membres du comité des finances et du développement économique de la Ville d'Ottawa ont exigé des comptes aux fonctionnaires de la municipalité, hier, à la suite du fiasco de la construction du pont piétonnier près de l'aéroport. Il faudra toutefois attendre quelques mois avant qu'un ou des coupables soient identifiés.
«Ce serait prématuré à ce stade, a informé le directeur général de la municipalité, Kent Kirkpatrick. Ce projet a connu un échec parce qu'il y a eu des erreurs d'individus et des erreurs des gestionnaires. [...] En somme, c'est un résultat tragique.»
La construction du pont piétonnier devait être complétée en octobre 2011. Des erreurs de conception ont toutefois provoqué des retards et le coût du projet a presque doublé - de 6,9 millions$ à 11,5 millions - pour assurer sa réalisation.
Bon nombre d'élus ont tenté de comprendre, hier, comment un projet d'une telle envergure avait été victime de retards majeurs et par conséquent, d'un excès de coûts important.
«Est-ce un problème unique ou existe-t-il des problèmes systémiques au sein de l'appareil municipal? Je commence à croire que c'est le deuxième et il doit y avoir un changement de culture, car manifestement, il y a eu des déficiences tout au long de ce processus, a pesté Maria McRae, conseillère du quartier où le pont sera construit. Je veux m'assurer qu'une telle situation ne se reproduise plus. C'est très frustrant et décevant. Il doit y avoir un meilleur sens des responsabilités au sein de notre personnel.»
«Ce qui devait être un projet relativement simple est devenu un projet gênant et coûteux, a commenté à son tour le maire Jim Watson. Il faudra changer nos procédures, nos politiques et la mentalité de gens.»
Gestion du projet
Le débat d'hier matin fait suite au dépôt d'une révision indépendante, commandée par le maire en novembre dernier, pour tenter de déterminer les causes de cet «échec monumental». Hier, Ron DeVries de la firme SEG Management Consultants, a présenté son rapport visant strictement à vérifier la gestion municipale du projet, et non la conception ou la construction de la passerelle piétonnière. À son avis, divers gestionnaires ont adopté des échéanciers irréalistes, n'ont pas obtenu tous les documents requis, ont mal compris la complexité du projet et ont laissé leurs supérieurs dans le noir quand des problèmes majeurs sont survenus.
«Des lacunes ont été relevées en matière de gestion. De plus, pas un seul document ne définit la responsabilité des gestionnaires de projets», a signalé M. DeVries, précisant que les multiples erreurs de gestion auraient pu être réglées avant même la première pelletée de terre.
Le consultant a fait part de neuf observations et a suggéré 18 recommandations aux élus pour éviter un scénario similaire à l'avenir.
«Nous avons déjà entamé certaines mesures», a indiqué Nancy Schepers, directrice municipale adjointe.
Le directeur général des infrastructures de la Ville d'Ottawa, Wayne Newell, particulièrement sollicité par les élus hier, a ajouté que son équipe élaborerait un plan d'action d'ici six semaines pour corriger le tir. Sa patronne, Mme Schepers, a assuré le comité des finances et du développement économique qu'elle lui demanderait des suivis à cet effet. M. Newell a aussi pris une part du blâme quand la conseillère du quartier Gloucester-Southgate, Diane Deans, a tenté de déterminer la personne responsable de ce fiasco.
«Ça commence par moi», a-t-il affirmé, ajoutant qu'il y a plusieurs autres gestionnaires sous son égide, selon la nature des projets.
Eux aussi pourraient écoper après l'examen interne du directeur général de la municipalité.
«J'attendais le dépôt du rapport avant de procéder à un examen interne. C'est maintenant fait. Les résultats devraient être connus avant le congé d'été, a informé M. Kirkpatrick. Ce projet est embarrassant pour la Ville et sa réputation en est grandement affectée.»