Les élus d'Ottawa disent non à un projet de résidence étudiante

La construction d'une résidence de 180 unités visant à loger des étudiants universitaires dans la Côte-de-Sable a été rejetée in extremis mercredi matin par le conseil municipal d'Ottawa.
Les élus ont ignoré la recommandation du comité d'urbanisme, formulée en février dernier, qui proposait un changement de zonage afin de permettre l'édification d'un immeuble de neuf étages à l'angle de l'avenue Laurier Est et de la rue Friel, près de l'Université d'Ottawa.
Au bout du compte, 14 conseillers ont voté contre le projet du secteur privé. Neuf l'ont appuyé, dont la majorité des élus formant le comité d'urbanisme.
Le changement de cap surprenant est survenu après un long débat des conseillers en réunion de conseil municipal.
La conseillère du quartier Somerset, Diane Holmes, ainsi que son homologue du Glebe, David Chernushenko, se sont montrés particulièrement inquiets par l'arrivée d'un immeuble moderne pour étudiants au coeur d'un quartier historique établi.
« L'architecture actuelle du quartier, son ambiance, nous raconte l'histoire du passé et nous sommes prêts à lancer ça aux poubelles ! Je trouve cela déplorable, a pesté Mme Holmes. Pourquoi faudrait-il entasser tous les étudiants dans ce quartier ? Grâce à notre fabuleux système de transport en commun, on peut loger des étudiants universitaires aux quatre coins de la ville. »
Plutôt muet jusqu'à ce stade du débat, le maire Jim Watson a finalement exprimé son opinion.
« Le projet proposé n'est pas compatible avec le caractère historique du quartier et ne respecte pas les critères en matière de hauteur, a-t-il tranché. Avec un refus, nous enverrions un message clair afin de faire comprendre à tous que cette communauté est, très franchement, constamment sous un stress (en raison de divers projets immobiliers proposés). »
Victoire pour Fleury
La décision du conseil municipal a agréablement surpris le conseiller du quartier, Mathieu Fleury, qui avait milité pour le refus du projet lors du comité d'urbanisme du 25 février dernier.
« Je suis très heureux et surpris, s'est-il exclamé après la réunion des élus. Le fait que les conseillers urbains ont vraiment décortiqué les enjeux, ça nous a réellement aidés aujourd'hui avec la décision. Ils ont réalisé qu'une telle situation pourrait se produire dans d'autres milieux. »
Seul bémol, le rejet du projet fait aussi en sorte que la révision du Plan secondaire de la Côte-de-Sable, la référence pour les règles de zonage créées en 1976, tombe elle aussi à l'eau. M. Fleury espère toutefois entreprendre une révision éventuellement, lui qui a pu trouver 200 000 $ à cet effet.
Par ailleurs, il est fort à parier que la décision du conseil sera portée en appel devant la Commission des affaires municipales de l'Ontario par l'entrepreneur Viner Assets. La Ville se dit prête à défendre sa position.