Le maire d'Ottawa, Jim Watson

Les dons d'entreprises sont acceptables

Le maire d'Ottawa, Jim Watson, n'y voit aucun problème de recevoir des dons d'entreprises ou de syndicats en campagne électorale.
«Ils ont le droit de participer à la vie démocratique eux aussi. Il serait fâcheux de faire preuve de discrimination à leur endroit», a-t-il affirmé, jeudi matin, en entrevue avec la radio anglophone CFRA.
M. Watson ne croit pas que ces types de contributions financières influencent les décisions des élus au moment d'un vote important.
«Je ne connais aucun élu qui ruinerait sa carrière politique pour 200$ ou 300$», dit-il.
Cette polémique de dons a fait jaser cette semaine à Ottawa, alors que la campagne électorale se met à peine en branle. Rappelons que la période de mises en candidature en vue du scrutin automnal a débuté jeudi dernier. En date de jeudi, une vingtaine de candidats avaient manifesté leur intérêt pour un poste.
Pour l'heure, les dons de promoteurs ou de syndicats sont permis dans les villes ontariennes. Seul Toronto échappe à cette règle. La Loi sur les élections municipales de la province prohibe les élus de la Ville Reine d'amasser des sommes de ces donateurs depuis 2009.
Transparence
Même si les élus ottaviens peuvent recueillir des fonds des promoteurs ou syndicats, certaines bornes ont été mises en place, rappelle M. Watson, autrefois ministre des Affaires municipales.
«Le montant maximal est fixé à 5000$ et est limité à 750$ par candidat. Ainsi, un promoteur ne peut pas verser 50 dons de 750$ par exemple.»
Cependant, le maire néglige de dire qu'aucun chien de garde n'est attitré au respect de ces règles. Les autorités ne répondent qu'aux plaintes et dans un délai de 90 jours après le dépôt des dépenses électorales d'un candidat.
Malgré tout, M. Watson estime que la Ville d'Ottawa s'avère l'une des municipalités les plus transparentes. «Tous les dons de chaque candidat sont affichés sur notre site Web», se félicite-t-il.
En réalité, les informations sont une copie d'un document et sont classées de façon pêle-mêle. Par exemple, on ne peut faire des recherches générales dans les états financiers soumis. De plus, les donateurs ne sont pas nécessairement listés en ordre alphabétique et la date exacte du don peut être exclue du document.
Fort de sa position en matière de dons «corporatifs», le maire semble peu enclin à demander un changement de cap dans un avenir prochain. D'ailleurs, des conseillers municipaux ont accepté de telles contributions lors de leurs campagnes électorales précédentes. Il serait donc surprenant qu'ils appuient une telle démarche. D'autres candidats disent toutefois vouloir éviter de tels dons et ce, volontairement.
C'est le cas justement de Jeff Leiper, dans Kitchissippi qui en a fait une promesse électorale.
«Les projets de construction et la densification sont des enjeux importants dans le quartier. Les résidents m'ont demandé si j'allais accepter de l'argent des promoteurs immobiliers afin de financer ma campagne. La réponse est tout simplement non.»