Huit personnes se sont présentées au centre temporaire d'injection supervisée le jour de son ouverture, mardi, a confirmé Jim Watson. En comparaison, le site illégal d'injection prétendait recevoir des dizaines de visites par jour.

Le temps est venu de plier bagage, dit Watson

Le maire Jim Watson soutient qu'il ne revient pas à lui d'exiger une intervention policière pour forcer la fermeture du site d'injection supervisée illégal dans la Basse-Ville, moins de 48 heures après l'ouverture d'un centre temporaire légal par Santé publique Ottawa à quelque 200 mètres de là.
Ça ne l'empêche cependant pas de servir un avertissement au groupe de bénévoles qui refuse de remiser leurs tentes. 
« J'ai été très clair dès le début. L'argument qu'ils avaient initialement était que le Centre de santé communautaire Côte-de-Sable (où le premier centre d'injection supervisée autorisé par Santé Canada doit ouvrir en octobre) était trop loin. Maintenant, on a trouvé ce que je considère comme un compromis raisonnable avec un endroit sécuritaire, opéré par des professionnels et qui est littéralement situé à deux coins de rue de là. Je pense qu'il est temps pour ces bénévoles de travailler avec les autorités de santé publique et de redonner le parc (Raphaël-Brunet) aux enfants et familles du secteur », affirme-t-il, se disant sur la même longueur d'onde que le conseiller du quartier, Mathieu Fleury.
M. Watson soutient par ailleurs qu'il est difficile de connaître la position officielle des responsables du centre de fortune ouvert depuis la fin août, car « certains affirment qu'ils vont quitter les lieux, alors que d'autres disent le contraire », précise-t-il. Mais il tient à le rappeler : même si l'intention derrière le geste était de bonne foi, l'opération d'un tel site dans un endroit public est considérée illégale.
« Beaucoup de résidents du quartier nous m'ont fait part de leurs commentaires. Ils ont été très patients et ils leur disent : vous savez quoi, merci beaucoup d'avoir poussé le gouvernement à agir. Mais là, le gouvernement a agi de façon responsable en ouvrant le centre d'injection sur la rue Clarence. On leur a toujours dit : 'venez nous aider, avertissez votre clientèle et confirmez-vous à la loi fédérale' », a lancé le maire d'Ottawa, qui refuse d'aller visiter le site improvisé dans ce parc du marché By.
Au bout du compte, ce sera à l'administration municipale et au Service de police de déterminer quelle est la prochaine étape dans ce controversé dossier, a-t-il mentionné lors d'une mêlée de presse après la réunion du conseil municipal, ajoutant qu'aucun ultimatum en tant que tel n'est actuellement donné au groupe Prévention Surdose Ottawa. 
Huit personnes se sont présentées au centre temporaire d'injection supervisée le jour de son ouverture, mardi, a confirmé Jim Watson. En comparaison, le site illégal d'injection prétendait recevoir des dizaines de visites par jour. 
En date de lundi dernier, il avait surpassé le cap des 1000 personnes, selon sa page Facebook. 
Les centres d'injection supervisée permettent de répondre à la crise des opioïdes, qui fait des ravages partout au pays. Depuis une décennie, le nombre de décès liés à des surdoses a doublé à Ottawa.