Peter Sloly, chef du Service de police d'Ottawa
Peter Sloly, chef du Service de police d'Ottawa

Le Service de police d'Ottawa veut freiner le harcèlement sexuel au sein de son organisation

Le Service de police d’Ottawa (SPO) et la Commission de services policiers d’Ottawa travaillent sur une stratégie conjointe afin d’éliminer les cas de violence et le harcèlement sexuels au sein du corps policier.

Les grandes lignes d’une stratégie provisoire ont été dévoilées lundi lors de la réunion de la Commission. Elles incluent la création et le soutien d’un espace sûr pour la dénonciation de comportements inappropriés, réagir à la violence et au harcèlement sexuels de manière coordonnée et opportune, ainsi que la prévention des incidents de nature sexuelle.

Dans une déclaration, le chef Peter Sloly a indiqué que de 2018 à aujourd’hui, huit cas de violence ou harcèlement sexuels ont été rapportés par 14 plaignantes à l’interne.

Le chef adjoint du SPO, Uday Jaswal, fait d’ailleurs l’objet d’accusations de harcèlement sexuel de la part d’une employée civile du SPO et de deux policières, selon ce qu’a récemment révélé le Ottawa Citizen. La Commission civile de l’Ontario sur la police mène d’ailleurs des enquêtes concernant les allégations sur les présumés comportements qui se seraient déroulés sur une période de onze ans. Le policier est suspendu avec solde depuis le 21 mars.


« Nous devons faire mieux sur notre façon de répondre à la violence et au harcèlement sexuels, sur notre façon d'informer les plaignantes rapidement et de les tenir au courant du processus »
Joan McKenna, surintendante du SPO

«Je veux être clair : tout type d’inconduite est inacceptable dans le Service de police d’Ottawa. Nos membres s’attendent à plus de l’organisation, tout comme la communauté. Nous devons faire mieux, et nous ferons mieux», a lancé le chef Sloly.

La surintendante du SPO, Joan McKenna, a indiqué que le SPO doit créer un environnement de travail où il doit devenir l’employeur de choix pour les policières.

«Nous voulons recruter les meilleures recrues, et encore plus important, nous voulons les garder», a indiqué la surintendante McKenna, reconnaissant les impacts sur les victimes de ces situations.

«Nous devons mieux comprendre les problèmes de violence et de harcèlement sexuels au Service de police d’Ottawa. Nous devons être en mesure d’appuyer nos membres qui se manifestent et nous dévoilent des problèmes. Nous devons créer un endroit sécuritaire pour elles et une option de dénonciation par une partie tierce. Nous devons faire mieux sur notre façon de répondre à la violence et au harcèlement sexuels, sur notre façon de les informer (les plaignantes) rapidement et de les tenir au courant du processus», a-t-elle continué.

Le chef Sloly a indiqué qu’il est important de s’assurer de réduire les craintes de représailles en lien avec la dénonciation, et appelle les femmes qui auraient été victimes de tels comportements au sein du SPO à se manifester.