La CCN affirme qu’elle « demeure résolue dans son engagement de réaménager les plaines LeBreton selon les normes les plus élevées ».

Le réaménagement des plaines LeBreton compromis

Un autre chapitre est en train de s’écrire au sujet du réaménagement des plaines LeBreton, à Ottawa. Cette fois, il est presque minuit moins une pour le projet d’envergure qui doit inclure la construction d’un nouvel amphithéâtre pour les Sénateurs.

Le projet dont la valeur avoisine les 4 milliards $ est encore dans une impasse en raison d’une mésentente entre les deux partenaires que forment le consortium RendezVous LeBreton, si bien que la Commission de la capitale nationale (CCN) prévient qu’elle ira de l’avant avec les prochaines étapes dès la fin janvier, et ce, avec ou sans le processus d’appel d’offres actuel.

Autrement dit, la Société d’État fédérale tend une dernière fois la main au groupe RendezVous LeBreton, mais avertit qu’elle pourrait lui tourner le dos dans deux mois si le dossier stagne toujours. 

La CCN a annoncé jeudi que Capital Sports Management Inc, piloté par le propriétaire des Sénateurs d’Ottawa Eugene Melnyk, ainsi que Trinity Development Group, dirigé par l’homme d’affaires John Ruddy, n’ont pas réussi à trouver un terrain d’entente entre eux après des mois de pourparlers. Sans entrer dans les détails précis, on a indiqué que les « enjeux non résolus » étaient en lien avec la gouvernance et la structure corporative. 

« Nous réitérons que nous sommes déçus d’avoir à faire une telle annonce, de prendre une telle décision », a d’emblée lancé le premier dirigeant de la CCN, Mark Kristmanson

Ce dernier n’a pas voulu s’avancer à savoir si la proposition du second groupe qui avait fait une soumission pour le projet (consortium DCDLC – Devcore) pourra être considérée advenant que RendezVous LeBreton soit écarté. 

« Ce ne sera pas nécessairement un autre partenaire. Nous avons plusieurs options pour avancer le dossier après janvier avec toutes les connaissances que notre équipe a acquises durant les dernières années », a-t-il précisé. 

Le maire d’Ottawa, Jim Watson, a de son côté indiqué qu’il était « professionnellement et personnellement » déçu face à la tournure des événements, rappelant que cette vaste parcelle de terrain est déserte depuis 50 ans et qu’il serait tout à fait logique de déménager l’aréna des Sénateurs à deux pas du centre-ville. 

Les ayant rencontrés à l’hôtel de ville, il dit avoir perçu ce qu’il qualifie de « relation difficile » entre MM. Melnyk et Ruddy. 

Le conseil d’administration de la CCN a adopté à l’unanimité une résolution voulant que le projet de réaménagement de ce site de plus de 21 hectares puisse passer aux étapes suivantes lors de la prochaine réunion, prévue le 24 janvier, peu importe l’issue des discussions entre CSMI et Trinity. Le tout s’effectuera en consultation avec la conseillère en équité ainsi que le gouvernement fédéral et la Ville d’Ottawa. 

Le président du conseil, Marc Seaman, a parlé d’une décision « pivot » pour ce projet historique fort médiatisé. 

En janvier dernier, le conseil d’administration de la CCN avait conclu un accord de principe avec RendezVous LeBreton. Dans un second temps, il avait été convenu que les deux entreprises avaient jusqu’au 1er novembre pour résoudre leurs enjeux. À cette date, la CCN a prolongé d’une semaine l’échéancier à la demande du consortium, mais les deux parties n’ont malgré tout pas réussi à trouver un terrain d’entente. 

En attendant que le différend soit réglé entre les deux promoteurs, la Ville d’Ottawa suspend les consultations publiques en lien avec le projet. 

D’autre part, la Société d’État soutient que les discussions avec la nation algonquine au sujet de sa participation dans le projet vont bon train. 

La CCN affirme qu’elle « demeure résolue dans son engagement de réaménager les plaines LeBreton selon les normes les plus élevées ».

Rappelons que le projet IllumiNATION du Groupe RendezVous LeBreton inclut, en plus d’un aréna de la LNH d’une capacité de 18 000 sièges, quelque 4000 unités d’habitation, dont des logements abordables, une promenade piétonne dotée d’un sentier expérientiel numérique, une place publique, des hôtels et des espaces commerciaux, entre autres. 

Si tout se déroule comme anticipé, les approbations requises viendront en 2019 et la première phase du projet pourra démarrer au plus tard en 2020 avec le transfert des terrains et l’amorce des travaux de construction.

Le propriétaire des Sénateurs, Eugene Melnyk, a réagi à l’annonce de la CCN plus tard en journée.

« Depuis le lancement de notre proposition en 2014, nous défendons cet important projet citoyen d’amphithéâtre de sports et de divertissements au centre-ville. Nous poursuivons notre engagement à faire de notre vision une réalité », a-t-il déclaré.