Pancartes à la main et tuques sur la tête en raison du mercure qui a dégringolé ces dernières heures, ils étaient plusieurs dizaines d’employés de La Cité à ralentir la circulation automobile.

Le piquetage commence à La Cité et au collège Algonquin

En grève depuis 24 heures, les professeurs des collèges La Cité et Algonquin ont érigé dès l’aube lundi des lignes de piquetage devant toutes les entrées de stationnement des deux établissements d’Ottawa.

Pancartes à la main et tuques sur la tête en raison du mercure qui a dégringolé ces dernières heures, ils étaient plusieurs dizaines d’employés de La Cité à ralentir la circulation automobile. Ces derniers étaient posés aux points d’accès de la promenade de l’Aviation et de la promenade Bathgate, entre autres. 

Les grévistes disent vouloir faire entendre leur message et sensibiliser le public, le reste du personnel et les étudiants à leurs revendications, mais ne comptent pas pour l’instant perturber les autres activités de l’établissement ou de bloquer complètement les entrées de stationnement. « Même travail ? Même salaire » et « Liberté académique maintenant ! » étaient au nombre des slogans inscrits sur leurs affiches.

« Nous avions des équipes prêtes même si on leur a donné un avis un peu tard hier (dimanche soir). Jusqu’à la dernière minute, on espérait qu’il y ait une entente. On veut faire savoir aux gens qui passent que nous sommes là, en grève. [...] Notre point fort, c’est que l’impact principal de tout ça, c’est que nous ne sommes pas en salle de classe en ce moment. On le constate sur les réseaux sociaux. On veut que les équipes de négociation de la partie patronale en prennent acte et prennent avec plus de sérieux nos demandes », a lancé le secrétaire de la section locale 470 du Syndicat des employés de la fonction publique de l’Ontario (SEFPO), Christian Chénard. 

En raison du débrayage, tous les cours, à l’exception de ceux offerts uniquement en ligne, sont annulés jusqu’à nouvel ordre. Les collèges demeurent malgré tout ouverts et plusieurs services sont offerts, dont la cafétéria et la bibliothèque. 

M. Chénard ne cache pas que « chaque heure de cours perdue sera un casse-tête » lorsque viendra le temps de trouver les alternatives pour les récupérer une fois le conflit réglé. 

La grève a été déclenchée puisque le dernier sprint de négociations n’a pas permis d’en arriver à une entente. Le Conseil des employeurs des collèges avait déposé une offre finale le 10 octobre, laquelle a été rejetée par le SEFPO.

L’embauche de professeurs à temps plein et la précarité d’emploi des professeurs contractuels sont parmi les principaux points en litige entre les deux parties. 

La présidente de La Cité, Lise Bourgeois, avoue qu’elle aurait préféré un autre dénouement, mais l’écart entre les propositions des deux clans est trop grand, à son avis.

« L’écart représente 250 millions $ par an en termes de coûts. Ce n’est ni raisonnable ni viable pour les collèges. Ça nécessite d’autres discussions. Il faudrait d’abord que le syndicat présente rapidement notre offre à ses membres afin qu’ils votent. [...] Je considère que la partie patronale a mis pas mal d’eau dans son vin jusqu’à maintenant. On offre une hausse salariale de 7,75 % sur quatre ans, alors que le syndicat demande 9 % sur trois ans », note-t-elle. 

Elle souligne du même coup qu’approximativement les deux tiers du personnel enseignant de La Cité œuvrent à temps plein (65 %). Le syndicat, de son côté, prétend que cette proportion est d’environ 25 %. 

Tout s’est déroulé sans anicroche sur les piquets de grève, à l’exception d’un incident survenu lundi matin sur la promenade Bathgate, près de La Cité. Un automobiliste décrit comme frondeur par le syndicat aurait tenté en vain de forcer la ligne de piquetage, à tel point que sa plaque d’immatriculation a été notée et que la police a été appelée. Finalement, les grévistes impliqués ont décidé de ne pas porter plainte contre l’automobiliste.

Malgré le conflit, un accord a été conclu à La Cité afin que des espaces de stationnement et des toilettes sèches soient mis à la disposition des grévistes. 

Les professeurs des 24 collèges ontariens sont sans contrat de travail depuis la fin septembre. Le dernier conflit de travail remonte à 2006. La grève avait à l’époque duré trois semaines.